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Il n’y a pas d’histoire de France, mais des histoires en France

Il n’y a pas d’histoire de France, mais des histoires en France

07/04/2017 – 17h10 Montpellier (Lengadoc Info) – Tribune libre – Emmanuel Macron a un singulier rapport à l’histoire. En affirmant qu’il n’existe pas de culture française, il s’inscrit dans le projet de Terra Nova qui vise à construire une France sans racines, afin de mieux reconstruire un passé accueillant aux vents de tous les communautarismes.

Emmanuel Macron, c’est la rhétorique post-oratoire nourrie d’un phrasé saccadé tout droit issu de cette culture « power-point » qu’il parle couramment à l’instar des nouvelles élites sans lettres, ni mémoires. Le candidat « en marche » joue sur deux registres : il promet un horizon de bonheur consumériste et liquide les spectres d’une histoire lourde. Il est le héraut des générations mainstream pour lesquelles il n’y a pas d’Histoire, mais des histoires qui viennent se greffer les unes aux autres, morceaux d’un puzzle très « United Color » à la mode Benetton…

Histoire de France : François Fillon et le baptême de Clovis

Comme Charles de Gaulle et François Mitterrand, François Fillon affirme que la France est née avec le Baptême de Clovis. Quelle horreur ! Rendez-vous compte : le candidat des Républicains poursuit en évoquant sa foi Catholique et parle de « la France, fille aînée de l’Eglise ». Cela devient insupportable à tous ceux et à toutes celles qui sont habitués à stigmatiser « les nostalgiques d’un passé fantasmé » et « les tenants d’un chagrin rétrospectif ». François Fillon ne doit pas gagner !

Et le Système de convoquer Jean-Noël Jeanneney afin de rédiger un tract « anti-Fillon » intitulé « postface préélectorale ». Jean-Noël Jeanneney est un historien fin, cultivé et mesuré. Un homme courtois, urbain et civilisé. Mais la gauche ne rigole pas quand elle fait la guerre. La guerre culturelle. L’Histoire est son arme privilégiée. Jeanneney ne tape que sur un camp : celui du récit national.

Ernest Renan et le « legs indivis »

Il s’agit de dénoncer l’édification du roman national comme base fondamentale d’apprentissage de cet héritage cher à Renan, ce « legs indivis » qui forge les citoyens français, quelles que soient leurs origines, et leur donne envie de poursuivre cette histoire à nulle autre pareille.

Jean-Noël Jeanneney revendique l’exercice d’un esprit critique. Soit. Mais l’esprit critique de Jeanneney est hémiplégique, qui ne fait que caresser les vaches sacrées de la bien-pensance historiographique : la Révolution française, 1848, la III ème République, Jules Ferry, le Front Populaire et le Conseil National de la Résistance. En revanche, il sait toujours se faire acerbe avec les mêmes cibles que sont l’Ancien régime, Bonaparte, Barrés, et Maurras…

Mais d’où parle Monsieur Jeanneney ? Héritier d’une longue lignée de hauts dignitaires républicains et Professeur d’histoire émérite à Sciences Po Paris, il fut Ministre de François Mitterrand et a présidé la mission du Bicentenaire de la révolution. Près de trente ans après, Jean-Noël Jeanneney se félicite encore du défilé ostentatoirement cosmopolite, conçu par le publicitaire Jean-Paul Goude qui consacra la « défrancisation » de la Révolution française, sacrifiée sur l’autel de son universalisme.

Emmanuel Macron préfère la publicité au réel

Cette vieille culture Française, son histoire, il n’a sans doute pas appris à les aimer. En ce sens, il est le produit d’un temps où les maîtres ont failli à transmettre. Et quand il n’y a plus de transmission, il reste… la com !

Comme disait Charles Pasqua : « les uns épluchent les oignons et les autres pleurent ».

Germanicus

Photos : DR

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