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Le martyr des chrétiens d’Orient

Le martyr des chrétiens d’Orient

11/04/2017 – 12h30 Montpellier (Lengadoc Info) – Tribune Libre – Alors qu’ils sont enracinés depuis deux millénaires dans la région, les chrétiens sont présentés par les islamistes comme des envahisseurs ou comme des agents de l’étranger, souillant une terre qui devrait être exclusivement consacrée à l’Islam. Le monde Occidental s’est depuis longtemps habitué à la persécution des chrétiens d’Orient, comme si leurs souffrances étaient inévitables et leur sort déjà réglé sur l’autel de notre mauvaise conscience. Le tout sanctifié par notre absolue lâcheté !

Le martyr des chrétiens d’Orient préfigure notre futur proche

La frappe sauvage contre deux églises coptes en Égypte ce dimanche nous rappelle que la guerre d’extermination qui est menée en Orient contre les chrétiens est bien réelle et ne relève pas du fantasme. Dans nos sociétés Occidentales taraudées de culpabilisation, se soucier du sort des chrétiens d’Orient est soupçonné d’une coupable islamophobie et d’une conception identitaire du christianisme. 43 morts en Egypte ! Un véritable carnage revendiqué par l’Etat islamique qui ne fait pas mystère de ses intentions : éradiquer le christianisme de la région, soit en assassinant les chrétiens, soit en les expulsant massivement. Il faut leur faire comprendre qu’ils ne sont plus chez eux.

Qui ne voit le tragique parallèle qui peut être fait avec la condition qui est aujourd’hui la nôtre en Europe ? Des massacres de masse à la Kalachnikov ou au camion tueur, et des territoires perdus pour nos démocraties. Les chrétiens d’Orient nous ont depuis longtemps déjà prévenus : leur martyr là-bas ne fait que préfigurer le nôtre ici.

La France ne protège plus les chrétiens d’Orient : elle les a abandonnés

Pendant longtemps, la France a protégé les chrétiens d’Orient. Cette politique a été inaugurée par Saint-Louis. Si par malheur Emmanuel Macron devait accéder à la Magistrature suprême, s’en serait définitivement fini de notre soutien à ces communautés persécutées par le fanatisme musulman.

Les islamistes ne veulent pas seulement faire disparaître les hommes, mais jusqu’au souvenir des hommes. La guerre contre la mémoire est une des expressions de la barbarie. Celle-ci ne frappe pas uniquement les chrétiens : qu’on pense au dynamitage des bouddhas de Bamiyan en mars 2011, à la folie destructrice du musée de Mossoul en 2015 ou au sort réservé à Palmyre la même année.

Il s’agit, pour les islamistes, d’effacer les traces de ce qui est étranger à l’islam, comme si son règne ne pouvait souffrir le simple rappel que des hommes autrefois et en ces mêmes lieux, ont vénérés d’autres dieux ou ont entretenu une autre foi.

C’est l’âme de l’Europe qu’on assassine en Orient

La civilisation européenne devrait entretenir une relation privilégiée avec les chrétiens d’Orient. Elle devrait se sentir une forme de proximité existentielle avec eux. L’élan spirituel qui, un jour, l’a fécondée et lui a donné son génie propre vient d’un monde à peu près englouti dont ils sont les derniers gardiens.

Cela implique que l’Europe reconnaisse enfin sa marque chrétienne, à côté d’Athènes et de Rome, ou plus exactement, qu’elle ne cherche plus à la gommer comme s’il s’agissait d’une tâche existentielle. Cela implique également que l’Europe cesse d’imaginer qu’elle doive se construire en se déconstruisant.

Nous devons être en capacité de nommer les choses comme elles sont : nous sommes devant une tentative d’extermination d’un peuple et, d’une certaine façon, d’une civilisation. Cela fait bien longtemps que nous avons posés cet axiome : puisque le christianisme est la religion de l’Europe dominante et que celle-ci ne saurait être que persécuteur, personne ne peut concevoir que ce se sont les chrétiens qui aujourd’hui sont persécutés.

La civilisation Européenne devrait se souvenir que dans son rapport aux chrétiens d’Orient et dans sa réaction à leur persécution, elle joue aussi son âme.

Germanicus

Photos : DR

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