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Perpignan. Michel Maffesoli et le réenchantement du monde
Crédit : Lengadoc Info

Perpignan. Michel Maffesoli et le réenchantement du monde

06/05/2017 – 17h15 Perpignan (Lengadoc Info) – C’est au sein de L’Université Via Domitia de Perpignan que Michel Maffesoli a présenté ce vendredi devant un auditoire passionné, son dernier ouvrage : « Ecosophie ». Cette écologie pour notre temps, qui est en partie une explication de son grand thème de « l’enracinement dynamique », est aussi et surtout un livre d’une profonde sagesse.

Michel Maffesoli est né à Graissessac dans l’Hérault. C’est un immense sociologue, professeur émérite à l’université Paris Descartes et membre de l’Institut Universitaire de France, qui a développé un travail autour de la question du lien social communautaire, de la prévalence de l’imaginaire et de la vie quotidienne dans les sociétés contemporaines. C’est un théoricien de la « Postmodernité ». Parmi les très nombreux ouvrages publiés (plus d’une cinquantaine), il faut citer : « Le temps des tribus », « l’Ombre de Dionysos », « Les nouveaux bien-pensants » etc.

Ecosophie invite le lecteur à repérer les courants qui, silencieusement, animent la nature qui n’en peu plus de subir cette dévastation, fruit de la démesure et de la prétention de l’homme : l’Hubris.

Le temps du désenchantement du monde s’achève

Ce n’est plus le règne de la rationalité. Nous sommes face à une nouvelle ère (Michel Maffesoli parle d’une nouvelle parenthèse qui s’ouvre), dominée par la raison sensible, la sensualité et les sentiments d’appartenance. Les mots ne collent plus avec la réalité, les institutions deviennent archaïques. L’heure d’une refondation de notre société à sonné, nous dit Michel Maffesoli.

Si la philosophie est amour de la sagesse, l’écosophie serait l’amour (sophos) de la maison commune (oïkos) que la folie progressiste enferme, voire détruit par la technique. L’arraisonnement de la nature est ici analysé à travers le prisme des pensées antiques pour célébrer le vivant, le végétal, le minéral et l’humain.

La modernité a refoulé la puissance dionysiaque au profit du déracinement et de la démesure

La civilisation moderne est née de la croyance dans cette force irrésistible du progrès qui devait nous conduire vers des lendemains qui chantent. C’est « le temps fléché » cher à Hegel et mis en œuvre par les marxistes et les libéraux. Heidegger rappelle que pour les Grecs, « Etre », c’est parvenir à une certaine tenue. Ce qui conforte la stabilité. C’est-à-dire, ce qui accepte la nécessité de la limite. Limitation, que l’on retrouve dans la determinatio latine, est cette borne délimitant un terrain, ce qui le rend fertile par rapport à l’illimité du désert. L’être-là au monde, se découvre par conséquent en mesurant un cadre, des frontières dans un espace donné.

Il est des livres anxiogènes, catastrophiques et alarmistes. Il en est d’autres qui confinent à la niaiserie et à la platitude. Il en est, comme Ecosophie, qui invitent à la pensée mesurée et a une redécouverte du monde qui est sous nos yeux puisque, pour paraphraser Parménide, penser et être sont une seule et même chose.

François de MAISTRE

Photos : Lengadoc Info

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