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Syrie. L’Etat Islamique chassé du secteur Sud

Syrie. L’Etat Islamique chassé du secteur Sud

27/05/2017 – 20h00 Syrie (Lengadoc Info) – Point de situation numéro 31 – Les combats des derniers jours ont mis à jour un nouvel objectif stratégique. Alors que l’Etat Islamique recule sur tous les fronts et que la tension au sein des zones de désescalade établies par la Russie, l’Iran et la Turquie semble au plus bas niveau, un nouveau front se fait jour pour la maîtrise de la frontière au Sud du pays avec la Jordanie et avec l’Irak.

Recul de l’Etat Islamique au Nord

L’Etat Islamique subit une grosse pression de la part de deux acteurs majeurs dans la partie septentrionale de la Syrie.

D’abord du fait des Forces Démocratiques Syriennes, groupe à dominante kurde soutenu par les Etats Unis, qui, après la libération de Tabqa et de son barrage, grignotent petit à petit le territoire aux mains de l’Etat Islamique situé autour de Raqqah, considérée comme la capitale de l’Etat Islamique en Syrie. La poche tend à se réduire inexorablement et seul le flanc Sud en direction du désert et de Palmyre offre une solution de repli.

La deuxième pression est exercée par l’Armée Arabe Syrienne et les forces blindées Tigre qui avancent très régulièrement dans la plaine de Maskanah. Plus de 500 kilomètres carrés ont déjà été libérés et la question se pose si la prise de la ville de Maskanah va connaitre la même issue que celle de Deir Hafer. A savoir une prise sans combattre… La tactique utilisée consiste à isoler presque totalement la ville et obliger les combattants retranchés à abandonner leurs positions sous peine d’anéantissement. La capture des plaines de Maskanah permettra à l’Armée Arabe Syrienne de consolider durablement l’axe d’approvisionnement d’Ithriya qui maintient Alep en vie.

Poussée loyaliste au Sud

Un nouveau front majeur s’est récemment ouvert sur la frontière entre la Syrie et la Jordanie.

Le gouvernement syrien a en effet « mis le paquet » sur ce secteur afin de profiter du retrait des combattants de l’Etat Islamique dans la région. Les troupes loyalistes ont donc avancé sur un front de près de 100 kilomètres avec une rapidité remarquable. Le carrefour majeur d’Al- Busayri a ainsi été repris, de même que toute la zone attenante. L’Etat Islamique a tenté d’enrayer cette avancée en acheminant un gros convoi composé de 35 véhicules. Le convoi a été entièrement détruit par l’aviation russe très active dans le secteur. Un coup très dur porté à la capacité de nuisance et au moral de l’Etat Islamique. Ce sont plus de 5000 kilomètres carrés qui ont ainsi été repris des mains de l’Etat Islamique en quelques jours. La route reliant Palmyre à Damas est désormais assurée.

Mais l’Etat Islamique n’est pas le seul à subir les foudres des troupes loyalistes. En effet, le rêve pour les « rebelles » de l’Armée Syrienne Libre (FSA) fortement soutenue par la Coalition Internationale, de relier la zone située le long de la frontière avec la Jordanie et la poche de Qalamoun vient de s’éteindre et c’est l’existence même d’une présence rebelle le long de la frontière qui est remise en question. La Coalition Internationale n’avait d’ailleurs pas hésité à bombarder une colonne de véhicule de combattants chiites irakiens liés au gouvernement syrien le 18 Mai 2017 qui s’avançait en direction du poste frontière d’Al-Tanf. Un arrêt provisoire de cette avancée avait été instauré le temps que la Diplomatie fasse son travail. L’axe d’effort a donc repris mais en provenance de l’Ouest à partir de la ville de Suweida. 50 kilomètres de frontière ont donc déjà été libérés au Sud du volcan de Es-Safa. Ce secteur est vraiment un des « points chauds » de la Syrie car les forces spéciales russes et occidentales risquent de se retrouver face à face, ce qui pourrait faire dégénérer un conflit qui est déjà très compliqué…

Le reste du front

– Au sud de Damas, dans le camp de réfugiés Yarmouk, les combattants de Hay’at Tahrir Al-Sham ainsi que ceux de l’Etat Islamique semblent avoir trouvé un accord avec le gouvernement syrien pour abandonner leurs positions et se rendre respectivement dans le territoire d’Idlib et « sur les terres du Caliphat » à l’Est.

– En Irak, l’étau se resserre inexorablement autour des derniers combattants de l’Etat Islamique retranchés dans les deux derniers quartiers de Mossoul encore entre leurs mains. L’assaut final est une question de jours. De grandes avancées ont également lieu au Nord-Ouest du pays en direction de la frontière avec la Syrie. Les Unités de Mobilisation Populaires (groupe paramilitaire chiite irakien) ont délivré Al-Qairawan en permettant aux combattants retranchés de l’Etat Islamique de quitter leurs positions. Le nouvel objectif pour les PMU avant la frontière syrienne est donc la ville de Baaj aux mains de l’Etat Islamique. Rappelons que les PMU travaillent en coordination avec le gouvernement de la Syrie.

– En Egypte des hommes armés ont mitraillé 2 bus qui transportaient des chrétiens coptes dont une majorité d’enfants. 29 morts et 25 blessés sont a déplorer. L’Egypte se trouve elle aussi durement confrontée au terrorisme islamiste.

– A Manchester au Nord-Ouest de l’Angleterre, un attentat suicide, revendiqué par l’Etat Islamique, a été perpétré lors d’un concert le 22 Mai 2017. Cette attaque est la plus meurtrière qu’a connue l’Angleterre depuis les attentats de Londres en 2005. Elle a occasionné 22 morts et près de 70 blessés, principalement de jeunes adolescentes. Le kamikaze, Salman Abedi, était un britannique d’origine libyenne de 22 ans dont le père était connu pour prêcher un islam radical.

– Aux Philippines le 23 Mai 2017, un groupe de plusieurs dizaines de combattants de l’Etat Islamique ont pris d’assaut l’hôpital et d’autres infrastructures de Marawi, une des plus grandes villes musulmanes du pays. Le président Dutertre a décrété la loi martiale et donné carte blanche à l’armée pour éradiquer la rébellion et éviter l’instauration d’un nouveau Caliphat. Il est à noter que les combats qui ont fait 46 morts pour le moment impliquent de nombreux combattants venus de pays voisins, une tendance à l’internationalisation du terrorisme islamique qui tend à se généraliser.

Ces deux actes de terrorisme sont mettre en perspective avec la déclaration de Jean-Paul Laborde, le directeur de la Direction Exécutive du Comité contre le Terrorisme qui affirmait que près de 15 000 terroristes auraient quitté l’Irak et la Syrie.

Martial Roudier

Photos : DR

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