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Après 9 mois, Mossoul est tombé !

Après 9 mois, Mossoul est tombé !

16/07/2017 – 20h00 Syrie (Lengadoc Info) – Point de situation numéro 33 – Le 7 juillet 2017, lors du sommet du G20 qui s’est déroulé à Hambourg, les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump, se sont entendus sur la nécessité d’un cessez le feu dans le secteur Sud-Ouest, frontalier avec la Jordanie. Accord stoppant les hostilités dans les points chauds de Daraa et de Quneitra. Les forces pro-gouvernementales ainsi libérées ont pu être ventilées sur d’autres secteurs, jugés prioritaires, aux mains de l’Etat Islamique.

Mossoul enfin libérée ?

Le premier ministre irakien Haïder Al-Abadi s’est rendu le 9 juillet 2017 dans la capitale de l’Etat Islamique de Mossoul et a annoncé la victoire totale sur ce dernier.

Malgré encore des accrochages importants de la part des derniers défenseurs jihadistes, la majeure partie du travail est donc terminée et laisse la place à l’après-Daech. L’objectif principal est de reconstruire la ville de Mossoul qui a été dégradée à 70% par les combats. Une première depuis la fin de la deuxième guerre mondiale…

Il faut désormais passer la ville au peigne fin afin de déloger les derniers combattants jihadistes cachés dans les tunnels, effectuer les opérations de déminage… Et établir le bilan humain et matériel de l’opération de libération qui s’est étalée sur neuf mois. Les forces d’intervention spéciales irakiennes ont avoué avoir perdu 40% de leur effectif dans les combats pour libérer Mossoul.

Les chiffres revendiqués par l’Etat Islamique sont à prendre avec prudence, propagande oblige, mais ils démontrent l’ordre de grandeur auquel nous devons nous attendre. 11700 soldats irakiens et combattants peshmergas auraient été tués ainsi que 2622 véhicules détruits. Du coté irakien on avance le chiffre de 25000 combattants jihadistes tués…

Avancées loyalistes dans le centre de la Syrie

La question du déroulement à venir des opérations est un art délicat. Nos prévisions tentent de coller au plus près du terrain et des multiples incidents qui peuvent changer le cours des choses.

La partie centrale de la Syrie aux mains de l’Etat Islamique actuellement ciblée est énorme (équivalente à la superficie de la Corse) et implique la mise en place d’une stratégie et d’une coordination des forces délicates.

La méthode utilisée jusqu’à présent par l’Armée Arabe Syrienne a démontré son succès à maintes reprises. Elle vise au contournement d’objectifs stratégiques, ne laissant comme alternative pour les ennemis, qu’une retraite précipitée ou bien l’encerclement et la mort. Dans le cas de la Syrie centrale cette méthode fonctionnera t’elle? Au pire les forces en présence à l’intérieur de la poche ainsi formée, seront coupées de tout renfort et seront réduites au fur et à mesure.

L’axe principal de progression partira des positions nouvellement conquises au sud de Resafa et s’orienteront en direction de Sukhnah afin d’attaquer la ville par le nord. Ce qui laisse 70 kilomètres à parcourir en zone montagneuse, largement le temps pour les forces jihadistes d’échapper à la nasse.

La ville de Sukhnah est le verrou pour rejoindre l’enclave de Deir Ez-Zor, les troupes loyalistes du secteur de Palmyre se trouvent seulement à 20 kilomètres au sud-ouest. La pince se met en place.

Il ne reste plus qu’à exercer une forte pression du coté opposé de cette tenaille, c’est à dire sur le saillant jihadiste situé à l’Ouest contrôlé depuis la ville d’Uqayribat. C’est ce qui est en cours depuis quelques semaines avec des avancées depuis trois axes de progression ainsi que par des tirs de missiles de croisière russes Kalibr.

Développement en cours…

Regain de tension au Nord-Ouest entre les kurdes et la Turquie

Les relations ont toujours été très tendues entre la Turquie et les organisations kurdes des cantons d’Afrin et de Manbij. La Turquie a même déclenché l’opération « Bouclier de l’Euphrate » afin d’éviter la réunion de ces deux secteurs en prétextant la lutte contre l’Etat Islamique au sud de sa frontière. Nous sommes en droit d’affirmer que la volonté de la Turquie est de s’emparer de toute la zone du nord de la Syrie à l’ouest de l’Euphrate aux mains des kurdes et d’en évincer la population en implantant des habitants d’origine arabes favorables aux intérêts turcs. Rappelons que la province du Hatay, territoire turc depuis 1939, faisait originellement partie intégrante de la Syrie sous le nom de Sandjak d’Alexandrette. Ce territoire est un sujet de discorde entre les deux pays depuis lors.

Ces tensions se concrétisent par des tirs d’artillerie réciproques quotidiens sur les villes situées de part et d’autre de la frontière. Avec une capacité opérationnelle accrue pour la Turquie qui bénéficie d’une logistique de guerre d’un pays moderne. Seules des tractations au plus haut niveau empêchent encore la Turquie d’envahir purement et simplement le canton d’Afrin. Les kurdes sont soutenus par les américains pour la prise de Raqqah et pourraient stopper leur avancée en cas de conflit avec la Turquie. Egalement, les russes peuvent utiliser la menace turque pour obliger les kurdes à replacer leur territoire sous le commandement de Bachar El-Assad.

Un véritable nœud gordien que même le Grand Alexandre ne saurait dénouer…

Martial Roudier

Photos : DR

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