clandestins

Témoignage. Quand un identitaire rencontre deux clandestins dans les prisons grecques

24/04/2020 – 20h00 Athènes (Lengadoc Info) – Tribune

Depuis le début de la nouvelle vague migratoire qui sévit sur la Grèce, quelques journalistes de réinformation et militants ont pu se rendre sur le terrain pour couvrir les événements. Lengadoc Info publie en exclusivité le témoignage de l’un d’entre eux.

Loin des récits écrits par la gauche pour faire pleurer dans les chaumières, le nôtre décrit la rencontre de deux jeunes de la droite alternative avec deux clandestins dans une cellule miteuse d’un poste de police grec à dix kilomètres de l’Evros, le fleuve marquant la frontière entre la Grèce et la Turquie. Ces quelques lignes résument, sans filtre, les discussions que nous avons eues. Les informations suivantes paraîtront complètement folles, voir incroyables pour certains, nous jurons sur notre honneur que nous les transmettons telles que nous les avons eues.

Allongés sur leurs matelas, Jaff et Abdallah ne font que dormir, fumer des cigarettes et passer des coups de téléphone à leurs proches. Jaff est un Kurde irakien sans papiers qui pourtant a réussi à poser ses bagages en Allemagne avec sa femme de 17 ans et son enfant de 2 ans grâce au regroupement familial. Il est incarcéré en Grèce après une arrestation pour possession et consommation de stupéfiants, alors qu’il se trouvait dans le pays pour faire un «go fast». Il est en prison depuis plusieurs mois. Transféré à plusieurs reprises et dans différents endroits, il a, selon ses propres dires, combattu les Turcs au Moyen-Orient.

Abdallah, lui, est un Irakien arabe sans papiers, arrêté et incarcéré pour avoir tenté de passer la frontière illégalement. Il n’est en prison que depuis deux semaines tout au plus. Il a 2 femmes et 5 enfants et a combattu contre les Américains.

Tous les deux attendent que des proches, légalement en Europe, viennent « payer la caution», c’est à dire glisser sous le bureau du directeur du poste de police une enveloppe de billets suffisamment remplie pour que les dossiers disparaissent et qu’ils soient relâchés. Cela peut nous paraître incroyable pour nous Français, mais les deux clandestins nous assurent qu’ici, en Grèce, ça se passe comme ça. Cela ne m’a pas étonné, car depuis mon arrivée dans le pays, j’entends parler de la police comme s’il s’agissait d’une véritable mafia. Bien évidemment, il n’est pas ici question de considérer que tous les policiers grecs s’adonneraient à ce genre de pratiques, mais je ne fais que répéter ce que j’ai entendu à plusieurs reprises.

Si Abdallah n’est pas très loquace, Jaff lui est des plus volubiles. Il ne se pliera pas aux règles, il ne travaillera pas, la seule chose qui l’intéresse en Europe c’est le niveau de vie, les opportunités de trafics et le laxisme de nos justices. Tout est bon pour Jaff : trafic d’armes, de drogues, vols, et il n’en est pas à son coup d’essai. C’est ainsi qu’il nous explique comment recharger différentes armes, comment tirer avec, et nous montre fièrement les «quelques» blessures qu’il a : une à la main qu’il s’est faite en rechargeant un Glock (un pistolet semi-automatique), une à l’abdomen où il s’est pris une balle, et divers autres cicatrices de coups de fouet et de couteau, pour finir par un orteil déplacé à coups de 9 millimètres.

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Jaff a également combattu aux côtés des Kurdes, mais pour lui la politique, les valeurs, tout ça n’a pas d’intérêt. Il préfère les armes et la drogue, la cocaïne étant sa préférée. Il en vient à nous raconter comment plusieurs fois sa famille, son clan, l’a fait libérer de commissariats irakiens où il avait été incarcéré pour consommation et revente de drogue, ou pour avoir tiré sur une personne dans une boîte de nuit sous l’emprise de stupéfiants. Il rit en nous expliquant comment les policiers irakiens, la police d’Etat, fuyaient le commissariat à l’arrivée des Kurdes de son clan, les armes à la main. Il nous raconte aussi l’une des fois ou il a tiré à la mitrailleuse sur un hélicoptère…

Même moi qui ai toujours eu les yeux ouverts sur la réalité de l’immigration extra-européenne clandestine ou légale, je fus étonné d’une telle violence : Jaff explosait tous les clichés un par un, il les rendait complètement obsolètes.

Il avait réussi à faire venir sa femme en Allemagne, une de ses femmes, car lui et son compère ne faisaient pas exception à la règle de la polygamie. Ils ne comprenaient même pas le fait qu’un homme ne puisse avoir qu’une seule femme.

Quand nous lui avons dit que nous étions venus faire du journalisme, il est devenu très amical, il pensait que nous étions de ces journalistes de gauche venus montrer aux Européens la misère que vivaient les clandestins et que nous ne dirions rien de sa vie réelle, sous couvert de différences culturelles ou dans une absolue complaisance.

Il a voulu nous montrer à quel point il était musclé, sportif et combattant, en faisant devant nous, torse nu, des «exercices physiques» la cigarette à la bouche. Il lui arrivait souvent de chanter ou de parler seul, il prenait également d’importantes doses de somnifères pour dormir.

Les femmes étaient un sujet qui revenait très souvent dans nos conversations et qui semblait littéralement les obséder. Quand nous en venions à parler des femmes occidentales, les deux de s’écrier : « White women bitch, White women bitch » ( « les femmes blanches sont des salopes » ). Une phrase qu’ils répetaient plusieurs fois, sans lassitude, quand nous abordions le sujet des femmes.

Abdallah, le plus évasif, ne parlait que trop peu : il paraissait complètement drogué et restait allongé sur son matelas poussiéreux à fumer des cigarettes. Il nous révéla cependant certaines choses de sa vie : sa passion pour l’alcool et les femmes, le fait qu’il était un fils de militaire irakien, et qu’il souhaitait vivre en Europe pour le confort et le niveau de vie, « la vie tranquille », comme il disait.

Jaff et Abdallah étaient musulmans, de pieux musulmans. Et ce malgré leurs consommations diverses et leurs vies dissolues.

Le lendemain matin, les policiers ont envoyé nos clandestins ailleurs, pile poil avant l’arrivée d’une équipe de l’Union Européenne venue visiter les cellules du poste et vérifier les conditions de détention. Nous ne les avons pas revus, mais Jaff nous avait dit, tard dans la nuit, qu’il sortirait vite, que son «boss» allait régler sa «caution» très bientôt !

Bienvenue en Europe.

Rémi Deflandre

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne sauraient réfléter l’opinion de la rédaction.

Photos : DR

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3 Commentaires

  1. Çà n’est qu’un petit aperçu de la réalité de la question. Ces gens ne méritent même pas de vivre et dire qu’ils peuplent l’Europe petit à petit avec l’approbation du peuple autochtone blanc.

  2. C’est bizarre, j’ai appris jadis que les arabes étaient des blancs. On disait pour l’Afrique du Nord: l’Afrique Blanche. Les prédateurs en question et leurs semblables cherchent un prétexte racial pour nous traiter comme des Peaux Rouges.

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