Una foto d'archivio della sede della Banca centrale europea. Il consiglio Bce "é pronto" a partire con gli acquisti dei titoli di Stato dei Paesi in difficoltà sugli spread, "sempre che le condizioni imposte dai programmi siano integralmente rispettate". Lo scrive oggi 11 ottobre 2012 la stessa Bce nel Bollettino mensile, ricordando che il piano anti-spread ha allontanato i timori di "scenari nefasti". ANSA/ARNE DEDERT

BCE. Un système basé sur la dette et la confiance dans la monnaie voué à l’échec

05/09/2016 – 18h45 Bruxelles (Lengadoc Info) – Tribune Libre – Depuis le début de l’année 2015, la BCE (banque centrale européenne) mène un type de politique dit « non-conventionnel » : le quantitative easing, plus communément appelé la planche à billet afin de racheter les obligations d’états ou d’entreprises aux acteurs financiers (fonds de pensions, gestionnaires de fortunes, compagnies d’assurances vies).

La situation de l’économie européenne est devenue hors de contrôle. Depuis le début de l’année 2015, la BCE rachète pour à peu près 60 milliards d’euros, puis 80 milliards d’euros par mois actuellement. Autrement dit, elle a injecté 80 milliards par mois pour obtenir une croissance de seulement 1,5% sur l’année 2015 et de 1,4% pour 2017. Nous sommes évidemment au début d’une phase négative. Et nos dirigeants anticipent déjà un ralentissement bien plus fort que prévu. Sinon comment Mario Draghi aurait-il pu convaincre les Allemands de sortir un tel arsenal ? Nous sommes entrés dans une phase de japonisation : zéro croissance, zéro inflation. Vous avez beau déverser des montagnes de cash dans l’économie, baisser les taux d’intérêts à zéro, l’activité ne repartira pas car les ménages et les entreprises n’ont pas confiance.

On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif

La BCE dope le malade, la zone euro, à coups de drogues dures, mais l’état du patient ne s’améliore pas. Il s’empire avec le temps. La planche à billet a permis de faire monter les prix des actifs financiers et immobiliers, ce qui nous mène vers de nouvelles bulles potentielles. Logiquement l’argent injecté permet aux acteurs financiers d’accroître leurs réserves en liquidités et donc, par la suite, de permettre de prêter, à travers de crédits, des quantités plus importantes aux ménages et aux entreprises dans la zone euro. Du moins, nous ne leur laissons pas le choix puisque la BCE rémunère les dépôts des banques à -0,1% c’est-à-dire que laisser l’argent dormir coûterait à la banque. Ce qui ne leur convient pas évidement.

Il existe cela dit d’autres mesures en guise de dernières cartouches. Distribuer directement une somme fixe à chaque citoyen européen pour relancer la consommation ou bien de diriger le système de quantitative easing vers le « sud » de l’Europe. Ce que l’Allemagne refusera catégoriquement.

La politique de la BCE est une folie

Nous pouvons comparer la situation actuelle à la fin du communisme. Un système à bout de souffle cherchant sans cesse à repousser la catastrophe. Je serais de l’avis de Patrick Artus, qui affirme que la BCE met à feu et à sang l’économie mondiale, et qu’il faudrait laisser plus d’autonomie. Un changement de stratégie s’impose car la situation n’est plus tenable. De plus, la BCE souhaite élargir les rachats aux actions, ce qui remettrait en question l’économie de marché puisque si une banque centrale fait le marché, alors il n’y a plus de marché ! Du temps de l’union soviétique, c’était le Comité Central qui fixait le niveau des taux d’intérêts, du prix du blé et de l’acier. C’était un modèle dirigiste inexorablement voué à l’échec. Mais quid si ce sont des banques centrales de pays dits « capitalistes » qui fixent maintenant les cours des actions, seul baromètre du succès et de l’échec d’un système capitaliste ? Cela n’est plus un problème ? Tout va bien ? Car Janet Yellen, Mario Draghi, Marc Carney sont du côté des gentils, alors que les communistes, c’étaient des méchants ? L’affirmation de Jean-Marie Le Pen, traitant la zone euro de « bolchevique » ou de « système communiste » s’en trouve validée.

Les prix sont idiots. Tout le monde le sait. La destruction de l’épargne par les taux négatifs finira très mal, tout le monde le sait aussi. Mais contrairement aux autres bulles, personne ne vend ou ne se couvre par ce qu’il n’y a qu’un seul acheteur (bce) et qu’il est le dernier ressort supposé être rationnel. Et les investisseurs sont d’autant plus convaincus que les banquiers centraux vont continuer de payer et d’imprimer de la monnaie, car ils n’ont pas le choix, il n’y a pas de plan B.

Les cours de bourses sont plats et artificiels, ce qui montre un système dans un coma artificiel. Le patient respire encore, il est cliniquement vivant, et pourrait le rester encore un bon bout de temps. Il est d’ailleurs inutile d’attendre qu’il soulève une paupière, ou qu’il prononce une seule parole. Même s’il le pouvait, il crierait « débranchez moi ! »

Le risque actuel serait que les opérateurs admettent que le système est mort, qu’une ère de capitalisme dévoyée par les excès de dettes et de spéculations vienne à s’éteindre. Il faudrait s’empresser de liquider tous les actifs et de vider les coffres avant l’ouverture douloureuse du dossier de succession : qui va régler l’ardoise des milliards de dettes pourries cumulées par les banques centrales depuis 8 ans ?

Bien vu…. C’est VOUS !

Bertrand Leuenberger

Photos : DR

Lengadoc-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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2 Commentaires

  1. On démonte le cirque ?

    Merci beaucoup pour cet article clarifiant, mais très « non politiquement cloaque correct ».
    Bertrand Leuenberger dit « Vous avez beau déverser des montagnes de cash dans l’économie, baisser les taux d’intérêts à zéro, l’activité ne repartira pas car les ménages et les entreprises n’ont pas confiance. »
    Soit, les ménages n’ont pas confiance, mais ils ont surtout les poches vides dans toute l’Union Européenne, après des années d’économie comptable sans vision autre que de court terme actionnariste.
    De fait, la consommation et les chiffres d’affaires sont au feu rouge.
    Pas de chiffres d’affaires, pas de profit, donc pas d’emploi, et surtout des suppressions d’emplois, c’est la thrombose.
    Règle d’or en économie, ultra libérale, ou non : le client est roi.
    Mais il convient abolument de se prémunir qu’il ait du cash à injecter dans le flipper consumériste.
    C’est terminé, rien n’a été fait pour le bas de la pyramide des peuples, pourtant la plus influente et la plus large, avec la hausse de précarité et la baisse des revenus savamment orchestrée de longue date.
    On démonte le cirque.
    Désinvestissez et remplissez uniquement vos comptes d’économie et d’épargne administrée non encore fiscalisée : livrets A, comptes et livret épargne populaire et logement, c’est au mieux, tout ce qu’il va vous rester.
    L’échéance est proche, de fait, l’épique aventure financière grecque nous pend grave au nez en Europe de l’Ouest.

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