Vinisud
Crédit : Lengadoc Info.

Vinisud 2017 un succès mitigé sur fond de crise des vins

04/02/2017 – 17h30 Montpellier (Lengadoc Info) – La treizième édition du salon international des vins et spiritueux Vinisud 2017 vient de s’achever au Parc des expositions à Montpellier. L’affluence était moindre par rapport aux années précédentes car le salon vient de passer d’une fréquence d’une fois tous les deux ans à une fois par an. Les amateurs de bons vins avaient également le choix de se rendre au salon Millésime bio au Parc des Expositions de Marseille-Chanot. Choix cornélien pour ceux qui ont dû privilégier un des deux salons.

Certaines régions méditerranéennes n’étaient pas représentées et c’est une version légèrement amputée qui a été offerte au public de professionnels, d’étudiants ou de simples consommateurs. Il est certain que l’expérience est des plus enrichissantes tant la variété des produits présentés dans les six halls du parc des expositions est importante. A Vinisud, la notion de « diversité » n’est pas un mot creux.

Malgré la qualité des stands et de l’atmosphère joyeuse propre à la profession, il convient tout de même de ne pas s’illusionner sur l’état de ce secteur d’activité qui connaît actuellement une grave crise structurelle. Même si la situation économique des producteurs viticoles s’est particulièrement améliorée il y a deux ans, cette dernière semble en passe de replonger.

Plusieurs points noirs permettent de comprendre la crise récurrente que subissent les viticulteurs languedociens.

– Poids colossal des contraintes administratives qui obligent le producteur à se détourner de sa fonction première pour s’occuper du secrétariat.

– Coût de fonctionnement des organismes divers censés développer la filière vin et qui se reportent sur le producteur (MSA, caves coopératives, Syndicats de producteurs…)

– Coût exorbitant de la main d’œuvre (charges patronales) dans un secteur qui en nécessite beaucoup

– La concurrence qualifiée de déloyale des vins étrangers transitant par l’Espagne qui sont produits à bas coût sans se plier aux normes draconiennes françaises. 8 millions d’hectolitres cette année pour une production en Languedoc de 13 millions d’hectolitres. Avec un prix de revient de 35 à 45 euros l’hectolitre pour un prix de revient minimum en France de 55-60 euros. Le producteur désirant écouler son stock en se calant sur les prix espagnols (vente à perte) est en outre empêché de le faire par la législation française

– La baisse générale du nombre de consommateurs français de vins qui n’est pas compensée par l’augmentation des amateurs de vins à l’étranger. En sachant que le consommateur étranger privilégiera le coût à la qualité et préférera acheter du vin espagnol que du vin français

La normalisation de la production viticole française indispensable au début du siècle dernier a malheureusement comme effet pervers aujourd’hui de tuer l’agriculture familiale et de déposséder le producteur de son savoir-faire en ayant la maîtrise complète sur sa production. Le viticulteur devient uniquement un maillon de la chaîne vinicole en n’étant qu’un producteur de raisins qui seront traités comme matière première par des techniciens en cave coopérative. Une évolution globale du secteur agro-alimentaire qui signe la perte de l’indépendance du producteur.

Chiffre clef: 300 000 hectares de vignes ont été arrachées en 20 ans en Languedoc et ce, de manière définitive…

Photos : Lengadoc Info

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2 Commentaires

  1. Consommons local et buvons de bon vin de souche !

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