Sumène (30). Rassemblement antifasciste à haut risque

05/10/2021 – 10h00 Sumène (Lengadoc Info) – C’est un événement qui a du mal à émerger mais qui est considéré à haut risque par les autorités. Lancé sur les réseaux sociaux, ce samedi 9 octobre 2021 doit avoir lieu un rassemblement réclamant la dissolution du mouvement identitaire occitaniste La Ligue du Midi. Le rendez-vous est donné sur la place du village de Sumène où Olivier Roudier, le porte-parole de la Ligue du Midi, habitait il y a encore quelques mois. Sumène est par ailleurs un fief d’extrême gauche dont les exactions et les nuisances sont nombreuses. Le rassemblement revendicatif et « festif » de l’après-midi sera suivi par un concert de rap d’une dizaine de groupes et « artistes » dans un lieu et des conditions tenus secrets par les organisateurs…

Bureau 613 la face émergée des Furious Monkeyz

D’après les informations que nous avons pu recueillir, l’événement est organisé en partenariat par l’association « Bureau 613 » qui a une apparence de légalité mais également par le collectif « Furious Monkeyz » qui nage dans des eaux plus troubles. En effet, ce dernier profite de son inexistence officielle pour se livrer à des menaces et des violences centrées sur la région d’Alès mais également en lien avec des groupes antifascistes de Nîmes et des environs ainsi que, désormais, à Sumène.

De l’association « Bureau 613 » on apprend qu’elle a été créée le 14 mars 2020 en ayant pour objet de « promouvoir et entretenir les liens sociaux-culturels et le vivre ensemble entre les divers (sic) communautés ». Son siège social a été transféré en septembre 2020 du 28 avenue Marcel Cachin à Alès au 59 chemin des Eglantiers à Saint-Privat-Des-Vieux.

Un numéro de téléphone renvoie aux activités de l’association, le 06 28 69 04 58.

Source : https://www.journal-officiel.gouv.fr/

Les liens de collaboration voire de subordination entre l’association Bureau 613 et le groupuscule violent Furious Monkeyz sont nombreux et a minima on pourrait établir que les ressources de l’association Bureau 613 interviennent au bénéfice des Furious Monkeyz. Ce serait déjà légalement problématique mais la réalité semble dépasser ce scénario a minima. Il apparait très clairement que les deux groupes sont les deux faces d’une même organisation.

Les deux faces d’une même pièce…

En parcourant les différentes publications et profils, la collusion est flagrante mais certains membres des Furious Monkeyz se réfèrent explicitement au Bureau 613 voire avouent en être les dirigeants.

Bazz, Ianis et Tonio

  • Bazz semble être l’animateur du groupe, quasiment la tête pensante. Secrétaire général de Bureau 613 et des Furious Monkeyz. C’est lui qui diffuse le corpus idéologique sur internet. De ce coté-là, il ne faut pas s’attendre à de grandes révélations. On est dans un gloubi-boulga qui tente de convaincre que les Furious Monkeyz sont les gentils et les fachos « haineux et débille (sic) ». L’orthographe fait saigner les yeux à chaque phrase…

Depuis des années, notre but a été de réveiller les consciences du bordel que nous préparer (sic), à l’époque, l’extrême droite, et que nous pouvons constater aujourd’hui, car nos surveillances de ces réseaux nous ont amenées (sic) à voir certains groupes grossir à vu (sic) d’oeil.

  • ianis_monkeyz sur Instagram ou Ianis Oxmo sur Facebook, personnage secondaire de la bande, il se vante sur les réseaux d’actes de violence et use de provocations à tour de bras. Il se revendique de liens avec des personnalités appartenant aux groupes antifascistes ultraviolents des années 80, « Black Dragons », « Ducky Boys » et « Red Warriors ».

  • Si Bazz est le « cerveau », Tonio ce sont les muscles. Le profil Facebook Tony Oohh (l’avatar est… un gorille) se présente comme travaillant chez Bureau 613. Son profil militant fait la promotion de la manifestation/concert à Sumène samedi prochain. On peut également consulter librement des photos dont certaines le représentant de face avec ses enfants (floutage réalisé par nos soins). Tony Oohh est un autre compte parmi d’autres pour le compte Facebook Tonio Loko qui est plus un compte personnel que militant où les mêmes photos sont présentes publiquement. Il est précisé que Tonio Loko, ancien pratiquant de Jiu Jitsu brésilien à Alès, travaille au magasin Centrakor d’Alès. Quelques coups de téléphone plus tard, nous apprenions que Tonio Loko répondait au nom d’Antoine Grenier très impliqué lors des Gilets Jaunes sur le rond-point des Mages à coté d’Alès…

Répondre à la violence par… la violence !

Sur la description de l’événement Facebook comme dans l’interview accordée au site de délation antifasciste « La Horde », le message se veut rassurant. « Faisons de cette journée une grande victoire du vivre-ensemble sans casse ni violence, car nous ne sommes pas comme ces gens-là. [NDLR : l’extrême droite] ». Une affirmation dont on peut douter au vu des exactions déjà commises à Sumène à l’encontre d’Olivier Roudier et son entourage (45 jours d’ITT en 2018, multiples menaces de mort, distributions de tracts diffamatoires, pressions diverses entrainant la mise à mort sociale…).

L’iconographie même de l’événement est très explicite. Le visuel de l’événement entend dénoncer « des violences d’extrême droite » et présente un gorille (l’emblême des Furious Monkeyz) armé d’une batte de baseball. Il est secondé par un petit singe aux platines qui pourrait être le représentant du «  Bureau 613  » mais qui porte une casquette floquée « Furious Monkeyz ».

Une photo du groupe « Furious Monkeyz » publiée sur le compte instagram « Antifa Squads » montre une dizaine de ses membres masqués ou floutés. L’un arbore une grosse chaîne métallique et une fille une matraque télescopique.

Antifas de Nîmes et Furious Monkeyz rassemblés pour faire le coup de poing le 20 janvier 2021
Le flyer du weekend antifasciste à Sumène…
Matraque télescopique et chaine, une violence assumée sur les réseaux sociaux…

Mais les activités des Furious Monkeyz ne s’arrêtent pas là. Outre les multiples violences dont ils se revendiquent explicitement et celles qui sont omises, les Furious Monkeyz s’adonnent à de l’affichage sauvage. Notamment sur des panneaux électoraux lors des dernières élections régionales, en ciblant fort peu démocratiquement et illégalement les candidats du Rassemblement National. Ils pratiquent également le harcèlement de personnes considérées comme « fachos », plusieurs plaintes ont été déposées sur Alès, sans résultat.

« Antifa », le clip de rap caricatural de Bureau 613

En consultant la chaîne Youtube du Bureau 613, « 613 Média » (62 abonnés), on est frappé par la disparité des productions. Celles-ci se montent à 4.

  • Une vidéo récapitulative d’une « Journée Foot Barbeuk organiser (sic) par Bureau 613 » (43 vues)
  • Un clip de recrutement pour les Furious Monkeyz (144 vues)
  • Le teaser de l’événement de samedi prochain à Sumène, toujours signé par les Furious Monkeyz (518 vues)
  • Et pour terminer, leur seule véritable production de qualité, le clip « ANTIFA » (1600 vues).

Ce dernier mérite de s’arrêter quelques instants. La qualité est au rendez-vous, techniquement parlant, surtout si on compare aux autres productions de 613 Média. Par contre, même en faisant abstraction du style musical, on est dans une caricature d’un genre qui a du mal à se renouveler… De jeunes hommes aux torses nus et transpirants dans un immeuble délabré et tagué, les accoutrements de racailles de cités, les références au sexe (peu), à la violence (beaucoup), à la drogue, l’absence totale de femmes alors que l’association promeut le vivre-ensemble, les armes bien entendu… On est plus dans le domaine de l’homosexualité refoulée entre détenus que dans la démarche de « promouvoir et entretenir les liens sociaux-culturels et le vivre ensemble entre les divers (sic) communautés ».

Lors du visionnage du clip, on s’affronte vite à une difficulté majeure. Le « parler rap » est difficilement intelligible. Mis à part quelques fulgurances, on ne comprend pas le sens du texte qui est quand même au centre de ce genre musical. Le refrain tiendra lieu de résumé de ce clip : « Nique les fachos, antifa ».

Et pour donner une touche politique à leur production quand même, les « artistes » arborent de temps à autres un drapeau « Napoli Antifascista » dont on se demande bien ce qu’il fait là. Mais la caution antifasciste, dont lui-même semble se demander ce qu’il fait dans cette galère, est apportée par la présence quasi inaperçue de Raphaël Arnault/Archenault, porte-parole du groupuscule antifasciste lyonnais La Jeune Garde. Un groupuscule dont les membres revendiquent eux aussi de multiples agressions sur les réseaux sociaux et dont Raphaël Arnault camoufle les exactions en se victimisant et en dénonçant de manière obsessionnelle l’extrême droite.

Raphaël Arnault (à l’extrême gauche) porte parole de la Jeune Garde…

La présence dans le clip d’un couteau de chasse brandi, d’un pistolet automatique agité dans tous les sens par l’« artiste » N2E qui se produira au concert du 9 octobre, d’une batte de baseball arborée par EYETECH la caution « black » du clip et de l’« artiste » DYLWO qui mime un égorgement sont assez éloquents en soi. C’est également un des aspects du rap qui fait sombrer ce style musical dans la bouffonnerie. A chaque allusion à cet attirail dans un clip de rap, il est rétorqué que le matériel est factice. Comme leur révolte en somme…

Photos : Lengadoc Info/DR

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