Remigration. Rencontre avec Laurent Ozon

20/11/2014 – 18h30 Nice (Lengadoc-Info.com) – Nos confrères de Nice Provence Info ont rencontrés Laurent Ozon, lors de sa conférence à Nice le 10 novembre. Il s’explique notamment sur le concept de remigration qu’il a conçu.

Nice Provence Info : Bonjour monsieur Ozon, d’où vous est venu ce néologisme de « remigration » ?

Laurent Ozon : Bonjour. Les mots se remplissent par ceux qui les utilisent. Ce néologisme est né de trois idées : 

  • la première est que l’inversion des flux migratoires sera bientôt une nécessité

  • la deuxième est que celle-ci doit être perçue comme quelque chose de positif, y compris par les personnes touchées par ce reflux, nous y reviendrons

  • enfin le mot devait avoir une dimension virale.

C’est pourquoi j’ai lancé en septembre dernier le Mouvement pour la Remigration. Ce projet se veut préventif, structuré, pédagogique, politiquement construit.

Nous anticipons la prise de conscience générale que le multiculturalisme est un échec. Les sociétés multiculturelles sont toutes des échecs. Depuis quarante ans on empile comme des cartes des populations qui n’ont rien à partager, ni la langue, ni la religion, ni la culture. Les pouvoirs ont beau brasser les cartes, l’assimilation promise n’a pas fonctionné.
Cette désagrégation culturelle est concomitante de crises convergentes majeures annoncées : crise financière, crise énergétique, crise alimentaire. Tous les facteurs explosifs convergent. Face à ces turbulences, il y a trois options possibles :

  • on ignore les problèmes, on ne fait rien et on s’enfonce dans le chaos

  • on n’anticipe pas suffisamment les problèmes, ce qui exacerbera les tensions et conduira à des excès, comme par exemple une guerre civile

  • on prépare les responsables politiques aux décisions qui doivent être prises.

Les médias qui sont un outil majeur de contrôle social ne pourront plus cacher la réalité.

Nice Provence Info : Que répondez-vous à ceux qui vous rétorquent qu’il ne sera pas possible de « renvoyer chez eux les immigrés » ?

Laurent Ozon : C’est la raison d’être du Mouvement pour la Remigration. Le bazar multi-culturel est à bout de souffle. L’inversion des flux migratoires sera nécessaire, il faut travailler pour qu’elle devienne possible. Les Français pensent à plus de 70% qu’il y a trop d’étrangers en France (enquête IPSOS), et dans le même temps ils ne peuvent pas considérer qu’ils n’y peuvent rien. La compensation des dissonances cognitive a ses limites. L’histoire est jalonnée de flux et de reflux migratoires, y compris l’histoire récente. Nice est bien placée pour en savoir quelquechose avec une importante population rapatriée d’Afrique du Nord. Nous voulons, pour notre part, anticiper afin que cela se passe dans l’intérêt des deux parties.

Soit vous changez la réalité, soit c’est la réalité qui vous change. Sinon, c’est la schizophrénie qui vous attend. Il y a du travail, nous nous y attelons.

Nice Provence Info : Concrètement, comment cela peut-il se passer ?

Laurent Ozon : Je ne me définis en aucune manière comme un intellectuel. Je ne suis pas un donneur de leçons, et n’agis pas pour avoir raison. Je veux être opérationnel. En ce sens je suis fidèle à mon école : l’écologie. Je veux avoir une prise sur le réel, j’étudie toujours le vivant dans son contexte. Mes livres sont des livres pratiques, concrets. Des livres à vocation virale. Je ne suis pas gramsciste, car je pense que les gens n’agissent pas comme ils pensent, mais ils pensent comme ils agissent. Le peuple lui-même n’est pas un acteur politique, il ne peut pas désigner son ennemi, sinon on a des émeutes. Et c’est ce que le Mouvement pour la Remigration veut éviter. La politique est le lieu par lequel on veut accéder au pouvoir, et non pas un endroit où l’on débat des idées. Un parti politique n’est pas là pour défendre des idées, mais un outil pour exercer le pouvoir.
Pour les années à venir, un seul parti est en mesure de proposer une alternance, c’est le Front National. Tous les autres partis ont perdu toute crédibilité aux yeux de l’opinion publique. Ils n’ont plus aucune faculté de renouvellement. Or les acteurs politiques vont se renouveler. Seul le FN est en mesure d’assurer ce renouvellement. Mais pour accéder au pouvoir le Front National doit remplir deux conditions :

  • il doit rassurer

  • il doit se montrer compétent.

Rassurer : il faut éviter les messages anxiogènes. « Le grand remplacement » de Renaud Camus est très pertinent, mais anxiogène. La remigration pourrait être perçue comme anxiogène si nous n’y travaillions pas assez. Notre travail consiste donc à préparer le logiciel « remigration » pour que nous puissions un jour l’intégrer dans l’ordinateur Front National. Aujourd’hui c’est trop tôt. Ni le logiciel, ni l’ordinateur ne sont prêts pour cela. Le jour où nous serons prêts, nous appuierons sur le bouton et mettrons à jour l’ordinateur.

Se montrer compétent : depuis trente ans, nous entendons certaines voix s’élever contre l’immigration de masse et prôner des solutions irréfléchies : « Y a qu’à les mettre dans des bateaux, y a qu’à, y a qu’à ! » Résultat : rien ne se fait. Comme nous voulons une solution politique, nous aborderons tous les aspects de la remigration : juridiques, économiques, sociaux notamment. C’est très compliqué. Notre objectif est de produire du contenu, comme par exemple des éléments diplomatiques.

Pour le moment la ligne conduite par Marine Le Pen est républicaine, laïque et assimilationniste. Un constat pourtant s’impose : on ne résoudra pas le problème de l’immigration de masse par l’assimilation.

Nice Provence Info : Où en êtes-vous dans votre travail ?

Laurent Ozon : Le Mouvement pour la Remigration est né en septembre, et il s’est déjà bien structuré. Je suis moi même épaté par les premiers résultats obtenus. Nous avons noué des contacts au plus haut niveau politique en Algérie et au Maroc, car notre démarche intéresse aussi ces pays qui sont eux aussi confrontés à des pressions migratoires incontrôlées. Les pays du Maghreb doivent trouver leur intérêt dans cette opération, et c’est possible. Il faut créer les conditions d’un intérêt réciproque, travailler sur des propositions techniques, mettre en œuvre une nouvelle politique méditerranéenne, oser des solutions nouvelles comme par exemple la communautarisation des systèmes sociaux pour financer le retour au pays d’origine. Il faut envisager des analyses globales. Le microscope sur la plaie ne voit pas toujours le bon remède. Il faut prendre de la hauteur de vue, comme au jeu de go. Je vois ce qui m’encercle, mais je dois voir aussi ce qui encercle ce qui m’encercle. Je vois ce qui tue, je dois aussi voir ce qui tue ce qui tue.
Nous pouvons conduire des négociations avec les trois pays du Maghreb qui disposent d’un appareil d’État. Ce sera plus difficile avec les pays d’Afrique sub-saharienne qui n’ont pas de tradition étatique, et qui fonctionnent encore sur des mécanismes claniques ou ethniques. Probablement alors faudra-t-il négocier sur un rapport de force.

En outre la distance anthropologique est plus importante avec les pays de l’Afrique sub-saharienne qu’avec les pays du Maghreb.

La remigration ne doit pas être précipitée. Ce qui s’est passé en 40 ans, mettra 40 ans à se résorber.

Nous gardons toujours en tête que notre démarche doit être perçue positivement. Contrairement à Éric Zemmour qui nous montre une France morte, moi je veux montrer une France vivante, qui a envie de vivre, une France d’avenir.

Nice Provence Info : Alors vous êtes confiant ?

Laurent Ozon : Je répète que ce sera difficile et compliqué, qu’il faut travailler. Mais je ne partage nullement le romantisme de la défaite. L’histoire est une suite de surprises. Nous affronterons de nombreux obstacles dont les puissances d’argent auxquelles on a laissé le contrôle des sociétés transnationales, du personnel politique et des médias.

Le personnel politique est plastique. Le réel le travaille comme tout le monde. L’Europe de Bruxelles n’est pas si forte qu’elle en a l’air. Il y a des solutions pour l’affaiblir. Le personnel politique européen, c’est le personnel politique français, je veux dire qu’il est mauvais. La désagrégation du système entraînera de nouveaux espaces politiques pour une population plus attentive. En outre nos solutions intéressent d’autres pays européens.

Quant aux mass-médias, aussi puissants soient-ils et que je désigne comme des troupes d’occupation mentale, ils ne pourront bientôt plus empêcher le retour du réel.

Propos recueillis par Georges Gourdin

Source : Nice Provence Info

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