L'Idéal Gaspard Proust

L’Idéal, après 99 francs Beigbeder s’attaque à l’industrie de la mode

25/06/2016 – 18h10 Montpellier (Lengadoc Info) – Au cinéma, Frédéric Beigbeder ne laisse personne indifférent. Après l’excellente adaptation de son roman 99 francs réalisée par Jan Kounen en 2007 et après avoir lui même réalisé son premier film, L’amour dure trois ans (tiré également d’un de ses livres), Frédéric Beigbeder revient au cinéma avec un nouveau petit bijou, L’Idéal.

L’histoire se déroule après 99 francs, on retrouve Octave Parango, incarné à l’écran par Gaspard Proust, qui après avoir arrêté de travailler dans la publicité se reconvertit en « Model scout ». Il passe son temps à sillonner la Russie à la recherche de nouveaux top models. Entre deux castings au fin fond de la Sibérie, Octave Parango vit dans le luxe de ses amis oligarques. Enchaînant les orgies avec des mannequins slaves, ses voyages en jet privé le tout en consommant pas mal de vodka et de drogues diverses, Octave Parango est un jouisseur cynique. Un jour, il est rappelé à Paris par l’une des plus grandes marques de produits de beauté, L’Idéal. L’entreprise est en plein scandale après que son top model phare ait tourné une sextape sado-maso le tout en tenue nazie. La patronne de L’Idéal, un transsexuel interprété par Jonathan Lambert, donne sept jours à Octave pour trouver la nouvelle égérie de la marque, une fille « sublime, mineure et vierge ». Octave repart donc en Russie pour trouver la perle rare en compagnie de Valentine Winfield, la directrice visuelle de L’Idéal jouée par Audrey Fleurot, une femme autoritaire qui a tout sacrifié pour sa carrière.

Avec Gaspard Proust, Frédéric Beigbeder donne au personnage d’Octave Parango une autre image que celle de 99 francs. L’interprétation de Jean Dujardin était également celle d’un jouisseur cynique, celui-ci, par son charisme, donnait l’image d’un individu supérieur, méprisant ceux qui lui sont inférieurs. Dans L’Idéal, Gaspard Proust interprète d’avantage le personnage d’Octave Parango comme celui d’un « branleur », un individu doué d’un véritable talent mais qui se réfugie, presque de manière consciente, dans une vie hédoniste afin de fuir l’ennui et la solitude.

L’Idéal dénonce avec humour une société de consommation à l’extrême et le paraître

Dans ce film, Beigbeder s’attaque une nouvelle fois à ce système qui transforme les individus en des consommateurs ou des produits de consommation. Un système qu’explique parfaitement la patronne de L’Idéal : le but n’est pas que les femmes se sentent belles, au contraire, il faut qu’elles pensent qu’elles sont laides afin qu’elles consomment des produits de beauté. D’où la nécessité de trouver la beauté parfaite à laquelle toutes les femmes veulent ressembler. Mais loin d’être un film moralisateur, L’Idéal est une caricature pleine d’humour qui enchaîne les situations improbables, comme par exemple, lorsque Octave Parango, symbole d’une industrie qui réduit les femmes à l’état d’objet, se retrouve au plein milieu du local secret des Pussy Riot, collectif anarcho-féministe russe, ou encore lorsque la patronne transsexuelle de l’Idéal fait preuve d’une certaine virilité en passant à tabac une militante des Femen.

Frédéric Beigbeder signe avec cette suite de 99 francs, une nouvelle œuvre satyrique, drôle et dénonciatrice. A voir absolument !

Photos : DR

Lengadoc-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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