Lavaur

Procès du cafetier de Lavaur. Légitime défense ou meurtre ?

09/12/2016 – 10h50 Lavaur (Lengadoc Info) – Tribune libre – Ni l’un ni l’autre.

En effet, cette question se poserait ainsi dans un état de droit où la sécurité des citoyens serait assurée et où leur accès au droit serait garanti.

Or il n’en est rien depuis longtemps.

Qu’en est-il de la légitime défense ?

Plus rien du tout en fait. Les textes, la jurisprudence et les très sévères condamnations assénées depuis des décennies à ceux qui ont osé défendre leur vie ont fait reculer cette notion dans un réduit judiciaire qui n’a strictement plus aucun sens pratique. Aujourd’hui, la légitime défense est devenue un concept dénué de sens. Elle n’a plus aucune de portée utile, tellement les conditions de son exercice sont devenues inapplicables dans la réalité, en état de stress et de perte de lucidité, face à des agressions dont la brutalité est désormais illimitée comme le démontrent quotidiennement les faits divers. Pire, on peut dire que la légitime défense telle qu’elle est devenue consacre l’interdiction faite au citoyen de défendre sa vie en ultime recours.

Nous en sommes au point où des policiers armés attaqués par plusieurs dizaines d’assassins qui les ont enfermés dans leurs véhicules pour les y faire brûler vifs sont dans l’impossibilité judiciaire de défendre leur vie et n’ont plus d’autre choix que de se laisser cramer sans pouvoir ouvrir le feu pour se dégager.

Dans ces conditions, il est désormais inutile de débattre de la légitime défense, ce concept a été vidé de son sens.

Qu’en est-il de l’état de droit ?

Il faut ici considérer ce qu’est devenu l’état de droit dans notre pays et mesurer qu’il n’y a plus aucune garantie d’accès au droit pour le citoyen et en particulier au premier d’entre eux qui est celui à sa sécurité personnelle et accessoirement celle de ses biens.

Qui n’a pas déjà constaté dans sa vie personnelle que dans une multitude de cas il est totalement inutile d’aller porter plainte ; que lors d’un dépôt de plainte on est immédiatement suspecté et mis en obligation de se justifier ; quand ce n’est pas directement dissuadé. 

Qui n’a pas déjà renoncé à porter plainte, convaincu que la démarche serait vaine et qu’il y aurait plus à en attendre d’ennuis que réellement de solution.

Qui l’ayant fait ne s’est pas retrouvé grosjean comme devant. Qui lors d’un signalement d’une situation potentiellement délictuelle, voire criminelle n’a pas déjà entendu la réponse suivante : ‘’tant qu’il n’y a pas eu commission de faits nous ne pouvons pas intervenir’’ ; ce qui s’est vu s’agissant même de la protection de mineurs en très grave danger.

Combien d’affaires se sont terminées en catastrophes, qui auraient pu être évitées suite à un signalement par un traitement en amont, par une intervention appropriée soit des services de polices, soit de la justice.

Chacun dans sa vie personnelle a été confronté à une multitude de cas, soit directement, soit dans son tout proche environnement social où il a pu constater qu’il était laissé seul sans protection.

Qui fait encore confiance à la justice ou à la police pour le défendre ou pour lui faire son droit ?

On peut aujourd’hui raisonnablement poser le constat suivant : dans notre pays l’état de droit n’est plus assuré, l’accès du citoyen au droit et notamment à celui de sa sécurité personnelle n’est plus assuré.

Telle est la réalité.

La justice devenue totalement schizophrène a interdit à quiconque de se faire justice soi-même, elle a donc méthodiquement vidé la notion de légitime défense de toute portée pratique ; alors que dans le même temps elle a définitivement cessé de protéger le citoyen par l’absence de prévention de la délinquance et par le laxisme total qu’elle a accordé aux délinquants.

Il en résulte un vide de fait dans lequel le citoyen est abandonné à lui même, pas défendu d’une part et interdit de le faire lui même de l’autre.

Dans ces conditions, c’est toute la clé de voûte du droit qui tombe ; c’est à dire le consentement du citoyen à renoncer à son droit à se faire justice lui même en contrepartie de la garantie de voir sa protection assurée par l’état de droit.

Dans ces conditions, il appartiendrait à un jury populaire de ne plus juger ni sur la notion de légitime défense ni sur celle de meurtre, mais de constater la carence de l’état et de faire naître la notion de ‘’défense légitime’’ pour cause de défaut de l’état dans son obligation à assurer l’état de droit.

Comme tous les Français abandonnés par un état totalement laxiste, Monsieur Fournié risquait à tout instant d’être confronté à des assassins qui se sachant impunis n’hésiteraient pas à s’en prendre à sa vie pour le dépouiller. Lorsqu’il a signalé en vain le commencement d’exécution de faits qui pouvaient laisser présager une introduction délictueuse et une menace physique personnelle, Monsieur Fournié n’a pas trouvé aucune réponse de l’état.

Dans ces circonstances, confronté à la démission de l’état, Monsieur Fournié s’est trouvé en état de ‘’défense légitime’’.

Le procès Fournié ouvre une opportunité de faire reconnaître la notion de ‘’défense légitime’’.

La défense de Monsieur Fournié devrait plaider en ce sens et profiter des circonstances particulières de ce dossier pour faire ouvrir une nouvelle jurisprudence par un jury populaire.

Le procès Fournié propose une tribune politique exceptionnelle pour replacer la source du droit entre les mains d’un jury populaire, c’est à dire entre les mains du peuple de France.

Le contexte politique général porte en effet l’opinion publique à poser un acte fort pour mettre un coup d’arrêt très net à la dérive laxiste de la justice et à la carence organisée de l’état.

Dans un procès qui solenniserait cette démarche, un jury populaire ne manquerait pas de se faire le porte parole de l’opinion publique majoritaire et de transcrire en droit la volonté populaire.

Toutefois, il y a peu de chance que la défense de Monsieur Fournié prenne un tel parti. Il semble au contraire qu’elle s’oriente à nouveau vers une défense très conventionnelle, strictement cantonnée sur la notion de légitime défense, très difficilement plaidable compte tenu de ce que les pouvoirs législatif et judiciaire en ont fait.

Malheureusement d’autres faits divers analogues ne manqueront pas de se reproduire. Le combat pour la reconnaissance le la notion de ‘’défense légitime’’ ne fait que commencer. Il appartient désormais à l’opinion publique et aux amoureux du droit, c’est à dire à ceux qui ont horreur de ses excès, en l’occurrence laxistes, de peser pour le faire évoluer dans le sens de l’intérêt général, qui est celui de la paix civile et du recul de la délinquance.

Barbara Castelnau

Photos :DR

Lengadoc-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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5 Commentaires

  1. Défense légitime mais sans laisser de traces …

    • Hélas c’est la triste réalité. Nous en sommes arrivés là parce que les juges n’ont jamais été face à ce problème. Par ailleurs, sénateurs et députés eux non plus n’ont pas subi les agressions dont sont victimes les citoyens qui ont fait l’erreur de les porter au pouvoir. Rien ne changera tant que tous ces gens n’auront pas morflé ce que je leur souhaite pour que les sans dent puissent enfin défendre leur intégrité, leurs biens et leur famille.

  2. Si Mme Barbara Castelnau croit dur comme fer à cette notion de ‘’défense légitime’’, pourquoi ne lance-t-elle pas une pétition nationale afin que le peuple de France la soutienne dans cette démarche.
    Les pétitions de soutiens à Monsieur Fournié sont déjà une victoire, et le nombre important de signatures ne pourront être ignorées.
    Alors, faisons la même chose pour cette notion de ‘’défense légitime’’ et employons-nous à faire changer le mode de défense de Monsieur Fournié.

  3. Excellent ! merci Madame Barbara Castelnau pour votre article .

    Il serait bon d’en donner une copie à tous ces sénateurs et députés qui nous pourrissent la vie avec leurs lois à la con en contradiction avec les désidérata des français .

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