Raphaël Barallini (Force Ouvrière) : « Concernant le cas de Borgo, on parle de tentative d’assassinat alors que c’est un acte terroriste » [Interview]

21/01/2018 – 17h00 Borgo (Lengadoc Info) – Alors qu’une conférence de presse avait lieu en début d’après-midi pour établir les premiers éléments de l’enquête, nous avons pu interroger Raphaël Barallini délégué régional Force Ouvrière pour la Corse à la prison de Borgo. L’occasion de faire le point sur les événements et sur le profond malaise qui traverse l’ensemble de la profession.

Lengadoc Info : Qu’est ce que vous pouvez attendre des négociations avec le Garde des Sceaux suite à cette terrible agression contre 2 de vos collègues?

Raphaël Barallini : Nous laisserons les négociations se dérouler au niveau national, puisque c’est un contexte général qu’il faut prendre en compte. Concernant le cas de Borgo, on parle de tentative d’assassinat alors que c’est véritablement d’un acte terroriste dont on devrait parler. Je suis très ferme là dessus. Il y a tous les éléments pour le dire. L’individu est resté 1 minute et 30 secondes sur le corps de notre collègue à le massacrer en criant « Allah Akbar », il a le pubis rasé, il a embrassé ses 3 complices sur le front à la fin de son acte. Tous les éléments sont là pour qu’on puisse dire que c’est un acte terroriste. Les personnels pénitentiaires sont aujourd’hui les cibles numéro 1 par rapport à tout ce qui se passe sur le continent. Aujourd’hui c’est toute la Corse qui doit prendre conscience qu’il peut y avoir d’autres victimes. Ils ont attaqué la Corse. La Corse vient de connaitre son premier acte terroriste et je pense qu’il y aura d’autres passages à l’acte.

Lengadoc Info : On commence à entendre des propositions pour créer des centres pénitentiaires spécialisés pour les détenus musulmans radicalisés.

Raphaël Barallini : ça fait partie des requêtes dans les négociations nationales. On veut la classification des établissements par profil des détenus. Ce genre de détenu, on ne peut pas le gérer comme on gère un détenu « classique ». Je parle des détenus radicalisés comme l’était celui-ci. On le savait mais nous n’avons pas la structure pour le gérer par rapport à son profil. Cet individu est passé à l’acte dans une double tentative d’assassinat. Le premier collègue, G., a reçu 11 coups de couteau dans le dos et 3 au niveau de la tête. Quand le second collègue, A., est intervenu, il a réussi à mettre l’attaquant au sol, c’est ce qui l’a sauvé.

Lengadoc Info : Quelles sont vos revendications au niveau national?

Raphaël Barallini : Nous demandons la classification des établissements. Une augmentation des effectifs. Des formations plus importantes. La formation initiale de 8 mois que nous recevons à l’Ecole Nationale de l’Administration Pénitentiaire (ENAP) doit être complétée par des formations continues pour pouvoir gérer ce type de détenu. L’Administration Pénitentiaire aujourd’hui fonctionne comme des amateurs face à des professionnels du crime. On demande surtout une reconnaissance ainsi qu’une professionnalisation de notre métier. On parle de la Pénitentiaire comme étant la 3ème force de sécurité de l’état mais on ne s’en donne pas les moyens. Il est indispensable de construire  de nouveaux centres pénitentiaires au regard du nombre de personnes incarcérées. On est en surpopulation pénale généralisée. Il nous manque 20 personnels a minima pour un fonctionnement correct sur Borgo et il en manque 200 en tout pour la région PACA-Corse à laquelle nous sommes rattachés. Et je parle juste de l’effectif théorique.

Il faut comprendre qu’on ne peut pas demander à un jeune de rentrer dans l’Administration Pénitentiaire pour 1400 euros par mois avec les primes et de risquer de prendre 15 coups de couteau. On le voit très bien sur les concours où seul un tiers des inscrits présente le concours. Après, il y a ceux qui démissionnent pendant la formation à l’ENAP et ensuite il y a ceux qui s’en vont face à la réalité du terrain. Il n’y a rien aujourd’hui qui puisse retenir quelqu’un dans l’Administration Pénitentiaire.

Lengadoc Info : Pourquoi ces détenus radicalisés ne sont pas classés comme DPS (Détenus Spécialement Surveillés) ?

Raphaël Barallini : Du moment que ces détenus sont reconnus comme radicalisés ou en voie de radicalisation, il faut des structures spécialisées. Tout en continuant à observer l’évolution de leur comportement, c’est simple, c’est logique sauf qu’il nous faut des moyens matériels et humains pour le faire. Au niveau de l’équipement on est juste doté d’un sifflet, c’est la seule arme qu’on a en détention. On demande la dotation de gilets pare-coups, qui sont plus fins que les gilets pare-balles mais qui empêche les coups de couteau. Les armes les plus utilisées par les détenus ce sont des lames, des ciseaux, des couteaux… on demande donc ces gilets pare-coups et au minimum un Taser pour maitriser l’agresseur. Et plus d’effectifs bien entendu!

Lengadoc Info : Au niveau de la mobilisation syndicale, que va t-il se passer?

Raphaël Barallini : Nous restons dans la continuité de la mobilisation générale bien entendu. Sur Borgo, il y a un dépôt des clefs depuis vendredi fin de matinée, il n’y a plus un personnel de l’Administration Pénitentiaire à l’intérieur de l’établissement. Nous avons été remplacés par les ERIS (Equipes Régionales d’Intervention et de Sécurité) qui ont pris les postes protégés (miradors, portes), ainsi que par les gendarmes mobiles qui gèrent les détenus. Nous sommes le premier établissement à avoir déposé les clefs dans toute la France. Le minimum reste donc assuré, les repas, les promenades, les douches… Les parloirs ont, par contre, été bloqués mais nous avons même eu du soutien de la part des familles des détenus. Même au sein de la population pénale qui n’ont pas eu leur parloir samedi, ils ont très bien compris la raison de notre mouvement et il n’y a pas eu de réaction contestataire de leur part. C’est à souligner, ils comprennent très bien alors que c’est la première fois qu’on bloque les parloirs en Corse. On n’a jamais voulu reporter nos problèmes syndicaux sur les familles. Mais là, les actes sont trop graves.

Propos recueillis par Lisandru

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5 Commentaires

  1. surtout pourquoi garder EN FRANCE ce genre de types RADICALISES alors qu’un simple sac de couchage à la place du parachute suffirait pour les larguer en plein SAHARA advienne que pourra à ses assassins pas de frais d’emprisonnement payés par nos CONTRIBUABLES qui voient sortir ces détenus pour nous narguer
    d’être remis en LIBERTE pour continuer leurs crimes à LOISIR TANT qu’on ne les aura pas « butés » ils continueront de nous emmerder, nous violer, nous tuer au nom d’allah qui ne leur a rien demandé mais qui a permis l’émergence d’unmahomerde qui a créé sa THEOCRACIE MORTIFERE et ce pape qui va dans leur sens : il vient de déposer l’Archevèque de PARIS pour y mettre en lieu et place un collaborationiste d’allah à son image : nos églises se vident nos prisons se remplissent et nous mourrons FRANCAIS DE FRANCE REVEILLONS NOUS AVANT QUE CES BARBARES NOUS TUENT NOUS EN AVONS ASSEZ DE VIVRE DE CETTE FACON ! en plus tous ces mange-merde vivent de nos contributions COUPONS TOUTES LES AIDES SOCIALES C EST NOTRE SEULE ARME DEVANT CETTE FATALITE

  2. j’engage fortement MA FAMILLE ET MES AMIS CORSES de prendre leur destin en main car ce ne sera pas le gouvernement du CONTINENT QUI LE FERA avez-vous remisé à jamais les VENDETTAS , QUI FAISAIENT DE VOUS DES HOMMES RESPECTES ET RESPECTABLES ,? ne croyez pas aux bonimenteurs (surtout menteurs)

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