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Trèbes

Un an après l’attentat islamiste, des questions restent sans réponse pour les habitants de Trèbes [Interview]

25/03/2019 – 18h10 Trèbes (Lengadoc Info) – Le 23 mars 2018, un terroriste islamiste, Redouane Ladkim a tué quatre personnes et blessé une quinzaine d’autres à Trèbes, petit village de l’Aude, proche de Carcassonne. Un an après les faits, le conseiller régional Christophe Barthès (RN) et habitant de Trèbes revient sur cet attentat qui a tragiquement marqué la commune.

Lengadoc Info : Un an après l’attentat du Super U, quel est l’état d’esprit de la population à Trèbes ?

Christophe Barthès : La population est restée digne depuis un an, depuis cet attentat, mais en colère tout de même pour certains. Beaucoup de questions se posent, il y a le sentiment que l’on ne nous a pas tout dit. Pourquoi Redouane Ladkim, après son passage méthodique à Carcassonne, est venu au Super U de Trèbes ? Est-ce le hasard ? Des questions qui se posent encore… Il n’y a pas eu de réunion publique pour expliquer à la population ce qui s’était passé, peut-être que ça s’est fait au cas par cas pour les victimes mais pas pour la population elle-même.

Lengadoc Info : Le maire de Trèbes, Eric Menassi a été décoré de la Légion d’honneur il y a quelques jours, qu’en pensez vous ?

Christophe Barthès : Je ne ferai pas de polémique là-dessus mais quand on parle avec une majorité des trèbéiens, ils pensent, en tout cas en ce qui concerne leur maire, qu’il n’aurait peut-être pas dû accepter cette Légion d’honneur. Surtout qu’au départ on nous a parlé de Légion d’honneur pour les attentats et pour les inondations du moins d’octobre (qui on fait six morts à Trèbes), quand on sait que pour les inondations tout n’a pas été fait comme cela aurait du être… Certains refusent leur Légion d’honneur, peut-être que là le maire aurait dû l’envisager.

Lengadoc Info : Le lendemain de l’attentat, des journalistes ont été agressés à la cité Ozanam à Carcassonne, là où vivait le terroriste Redouane Ladkim. Est-ce que cette cité est une zone de non-droit où l’islamisme radical est présent selon vous ?

Christophe Barthès : D’après les renseignements que l’on nous a donnés, de « non-droit » je ne sais pas car je ne fais pas partie de la police, ce qui est sûr c’est que c’est une cité à risque. On sait que le terroriste venait de là, qu’il y avait dans son entourage des personnes dangereuses ou potentiellement dangereuses.

Il y a des problèmes avec l’islam radical mais peut-être pas qu’à Ozanam. Pourquoi le terroriste est revenu sur Trèbes ? Je le répète, peut-être avait-il des complices dans la cité voisine du Super U ? Il y avait peut-être de la famille, c’est ce qu’il se murmure, il était client au tabac de Trèbes. Donc voilà, il n’y a pas que la cité Ozanam, il y a aussi d’autres cités qui paraissent « plus tranquilles » à certains moments mais qui font partie de ces cités à risque.

Lengadoc Info : Lorsqu’on parle de cet attentat, il y a un nom qui revient systématiquement, c’est celui d’Arnaud Beltrame, le colonel de gendarmerie qui s’est sacrifié. Quel souvenir a-t-il laissé à Trèbes ?

Christophe Barthès : Les habitants ont beaucoup de respect pour le colonel Beltrame parce qu’il a sauvé non seulement la caissière mais aussi parce qu’il a permis aux autres clients pris en otage ou présents dans le supermarché de pouvoir s’échapper.

Après, il y a un sentiment sur la commune, c’est qu’on a beaucoup parlé d’Arnaud Beltrame mais un peu moins des autres victimes, y compris celles qui ne sont pas décédées. Beaucoup sont encore sous le choc, ils consultent des médecins. On a tous des proches qui étaient présents dans le supermarché et qui sont encore sous le choc et ils attendent des réponses.

Propos recuillis par Jordi Vives

Photos : DR

Lengadoc-info.com, 2019, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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