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La ville de Bollène inaugure une nouvelle rue Hélie Denoix de Saint Marc

13/05/2019 – 16h45 Bollène (Lengadoc Info) – Ce samedi, la maire de Bollène, Marie-Claude Bompard (DVD), a inauguré la nouvelle rue « Commandant Hélie Denoix de Saint Marc ».

L’inauguration a eu lieu cours de la Résistance, lieu approprié car Hélie Denoix de Saint Marc a été un vrai résistant dès ses 19 ans, ce qui lui valut 2 années de détention au camp de concentration nazi de Buchenwald.


La cérémonie s’est déroulée avec un grand recueillement et beaucoup de dignité, en présence d’une très nombreuse assistance – environ 800 personnes selon la Mairie – dont beaucoup d’anciens Légionnaires – certains ayant servi sous les ordres du commandant Denoix de Saint Marc – ainsi que de nombreuses associations et de porte drapeaux.

Un texte du journaliste Michel de Jaeghere a été lu, qui retraçait la vie édifiante du commandant Hélie Denoix de Saint Marc, tour à tour résistant, déporté, Saint Cyrien, officier à la Légion étrangère dans les prestigieux BEP en Indochine, puis au 1er REP en Algérie, putschiste en 1961 où il était momentanément à la tête du régiment, emprisonné, amnistié, réhabilité dans ses droits en 1978, ayant réussi dans la vie civile comme directeur du personnel, écrivain de talent (« Les champs de braise », « Les sentinelles du soir », « Notre Histoire », co-écrit avec l’Allemand Von Kageneck), grand croix de la Légion d’Honneur en 2011, décédé dans sa ferme provençale en 2013. Cette forte personnalité rassemble les Français au-delà des passions et des différences : fidèle à la parole donnée, conscient que le monde n’avait pas besoin de leçons mais d’exemples, il ne se voulait pas être un héros mais un passeur d’étincelle.

La lecture du texte, tout en pudeur et espérance, « Que dire à un jeune de 20 ans » du commandant Hélie de Saint Marc a livré son message d’une brûlante actualité où il est rappelé que chaque génération connaît ses épreuves, qu’il faut rechercher la vérité avec constance, que les devoirs dépassent les droits, et qu’il faut malgré tout aimer son pays, croire en la grandeur de la vie, se battre avec courage, notamment pour rester fidèle à ses rêves de jeunesse.

La fille du commandant Hélie de Saint Marc, Blandine de Bellecombe, a évoqué la mémoire de son père : celle d’un homme debout, fidèle à la parole donnée, marqué par la fraternité de la Légion étrangère, et qui avait souffert de l’ordre d’abandonner les populations civiles en Indochine et n’avait pu l’accepter en Algérie, rappelant que l’on pouvait tout exiger d’un soldat y compris de mourir pour son pays mais pas de se parjurer. Le commandant voulait aussi témoigner, conscient que tout était lié : passé, présent et avenir.

Madame le maire de Bollène a enchaîné, rappelant qu’oublier les morts c’était les condamner une seconde fois. La France ayant 68 millions d’habitants mais aussi 3 milliards de grands anciens, qui avec peine et persévérance l’ont édifiée au cours des siècles. Elle a souligné qu’il convenait d’assumer toute l’Histoire de France, d’en être digne, tout en privilégiant la réalité de l’Histoire plutôt que celle officielle parfois menteuse. Au sujet de l’Algérie, le drame des Harkis et des Pieds Noirs abandonnés – rejetés par une Nation tant aimée – ayant été occulté, tout comme la réalité de l’œuvre de civilisation accomplie par la France en 130 ans de présence en Algérie, avec des équipements sanitaires, scolaires, industriels et des infrastructures modernes de qualité. La maire de Bollène a aussi rappelé que la date du 19 mars 1962 des accords d’Evian ne marque pas la fin réelle de la guerre d’Algérie, puisqu’il y a encore eu ensuite des dizaines de milliers de victimes, Pieds Noirs et Harkis confondus. Du reste, le propre président Mitterrand n’avait jamais voulu célébrer cette date. C’est pourquoi la ville de Bollène ne la célèbre pas et le conseil municipal a décidé de débaptiser l’ancienne rue du « 19 mars 1962 » au profit du « commandant Hélie Denoix de saint Marc ». D’une pierre, deux coups en quelque sorte.

Après que la nouvelle plaque a été dévoilée, les chants des Africains, du 1er REP, puis la Marseillaise, bien repris par l’assistance, ont clos la cérémonie officielle.

Crédit : Lengadoc Info

La mairie a offert un cocktail déjeunatoire à La Cigalière, apprécié par la nombreuse assistance qui a pu bénéficier de l’inauguration de l’exposition sur les Harkis par l’ONAC.

La projection du film « Hélie de Saint-Marc, témoin du siècle » (DVD disponible contact@secoursdefrance.com) a ému l’assistance.

Après Béziers en 2015, Bollène a ainsi rendu hommage à un vrai héros français, qui ne peut que bien inspirer des jeunes en quête de valeurs et d’engagement.

Thierry Lafronde

Photos : Lengadoc Info

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