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« Lectures en son cloître ». Quelques idées de lecture durant le confinement [Partie 3]

25/03/2020 – 13h00 Montpellier (Lengadoc Info) –  Durant cette deuxième semaine de confinement, Lengadoc Info vous propose de découvrir chaque jour deux ouvrages à lire… ou à relire !

Le Grand troupeau, de Jean Giono

Tout commence par la longue marche d’un immense troupeau à travers les villages et les montagnes des Alpes de Haute-Provence. Allégorie d’un autre troupeau, immense et rouge, humain celui-là, que l’on mène à marche forcée vers la boucherie de la grande guerre.

Dans ce roman qui évoque les quatre années de guerre, vécues par Giono qui est revenu de Verdun, les chapitres au front et ceux à la ferme alternent, mais tous sentent la terre – paradoxalement animée sous l’effet de la putréfaction des corps -, le sang noir des hommes, l’animal – chevaux, béliers et agneaux, rats qui festoient sur le charnier humain acoquinés des corbeaux et des vers, truies dévoreuses d’enfançons morts.

« La terre même s’essayait à des gestes moins lents avec sa grande pâture de fumier. Elle palpitait comme un lait qui va bouillir. Le monde, trop engraissé de chair et de sang, haletait dans sa grande force. Au milieu des grosses vagues du bouleversement, une vague vivante se gonflait ; puis, l’apostume se fendait comme une croûte de pain. Cela venait de ces poches où tant d’hommes étaient enfouis. La pâte de chair, de drap, de cuir, de sang et d’os levait. La force de la pourriture faisait éclater l’écorce. Et les mères corbeaux claquaient du bec avec inquiétude dans les nids de draps verts et bleus, et les rats dressaient les oreilles dans leurs trous achaudis de cheveux et de barbes d’hommes. De grosses boules de vers gras et blancs roulaient dans l’éboulement de talus. »

L’absurdité et l’horreur de quatre années d’orages d’acier et de chair européenne inutilement sacrifiés, qui feront de Giono un pacifiste.

Pacifisme et dégoût, mais aussi amour de la vie, malgré tout, et sensualité débordante et sauvage pour ceux qui tiennent à l’arrière :

« Elle releva la clenche de bois : oui, c’était comme ça la dernière fois ; ça revenait ; ça serait toujours comme ça désormais ; chaque fois qu’elle viendrait ouvrir cette porte, elle aurait cet embrasement du foin frais, cette odeur qui lui faisait sonner les tempes comme un bassin de fontaine, cette odeur de foin et de cheval, cette odeur de vie épaisse qui lui râpait la peau comme une pierre. Ah ! L’autre fois, elle en avait lâché la fourche, et puis, en se baissant pour la ramasser, elle s’était emplie d’odeur à ras bord et le geste avait fait tourner sa chair au fond des linges, une chair grenue comme la peau des poules et toute prête à s’épanouir et qui languissait. Et ça avait été pour elle comme si elle avait eu la tête perdue dans des feuillages et du vent. A quoi bon fermer les yeux et se faire raide depuis le talon jusqu’au cou, puisque ça traversait les paupières et que ça connaissait les charnières qui font plier le corps, puisque, somme toute, c’était bon, puisque, tout compte fait, ça n’était pas défendu. Elle avait pensé au soir de ses noces tout chaviré de vin, et ce linge neuf alors sur sa peau, et ce corset qui serrait bien partout où il fallait, et puis le Joseph qui l’embrassait en écarte-lèvres, à grands coups de bouche, comme s’il mordait dans une tranche de melon. »

Le roman s’achève sur la victoire de la vie en communion avec la nature avec la naissance du bébé à propos de qui le grand-père s’exclame : « Il faut que nous lui fassions voir tout de suite ce que c’est, l’espérance ! ».

L’étrange suicide de l’Europe, de Douglas Murray

L’étrange suicide de l’Europe, ce n’est pas l’histoire d’une crise sanitaire mal maîtrisée, mais d’un mal qui en a pourtant la même origine : la mondialisation qui entraîne la libre circulation des virus est aussi celle qui entraîne le grand remplacement des peuples européens et leur incapacité à se défendre.

Douglas Murray est un écrivain, journaliste et commentateur politique britannique. Il exprime régulièrement à la télévision, à la radio et dans de nombreux périodiques un point de vue critique envers l’islam.

Dans cette somme magistrale, qui fut numéro 1 des ventes en Angleterre, au séduisant ton journalistique et cependant documenté et rigoureux, il fait le point sur la descente aux enfers d’une Union Européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde et la propriété de toutes les ethnies.

La trahison des élites y est imparablement démontrée qui donne un incoercible réflexe émétique, ainsi que le sort de ceux, de tout pays, qui ont voulu désespérément prévenir leur patrie des idéologies mortifères et des scandales bien réels : ils se nomment Enoch Powell – dont on lira l’opuscule tragique« Discours sur les fleuves de sang », Salman Rushdie dont on sait encore les « fatwas » pour avoir critiqué l’islam, Tommy Robinson le britannique persécuté pour avoir dénoncé les milliers de viols commis par des gangs exogènes, Théo van Gogh et Pim Fortuyn assassinés, etc.

Les actes de collaboration et du plus abject aveuglement volontaire témoignent d’une incompréhensible haine de soi qui ne peut s’expliquer que par un sentiment de culpabilité qui tient les élites européennes depuis la deuxième guerre mondiale.

La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut

survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Églises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social.

Presque cinquante ans après, le « camp des saints » n’est plus un roman, c’est un très long reportage sur la vie des Européens, et Douglas Murray tient la caméra.

Photos : DR

Lengadoc-info.com, 2020, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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