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A Pia, Guy Parès veut défendre l’identité catalane

08/09/2015 – 15h50 Pia (Lengadoc-info.com) – Alors que Pia connaît actuellement des élections municipales anticipées, le cercle Català del Rossello a interrogé le maire de la commune, Guy Parès, sur la question de l’identité catalane et de la défense de la territorialité.

Quel est l’intérêt que vous portez à la culture et à l’identité catalane ? 

Je crois profondément en un régionalisme européen comme étant à la base d’un échelonnement territorial cohérent et durable. La Catalogne représente nos racines et notre histoire.

C’est ce qui nous permet un positionnement identitaire à même d’exister humainement, sociologiquement (pour ne pas dire anthropologiquement), historiquement, et j’ose le dire, « mercatiquement » au sein d’un continent européen qui prend malheureusement le risque d’amalgamer homogénéisation et renonciation aux différences culturelles.

En un mot, l’identité catalane est notre principal atout de pérennité. Je souhaite que la démarche identitaire s’inscrive dans un esprit de « Cross Fertilization «  (Enrichissement Mutuel) plutôt que dans le cadre dangereux et réducteur de nivellement culturel.

Si vous êtes élus, avez-vous des projets de mise en valeur de notre patrimoine culturel, historique et linguistique ? Si oui lesquels ? 

J’ai déjà eu l’occasion, lors de mes précédents mandats, d’impulser des actions en faveur de notre patrimoine historique catalan, ce dernier ne se résumant pas à notre fameux « buru ».

Nous souhaitons aujourd’hui dépasser les simples actions, déjà ambitieuses cependant, de rénovation du patrimoine bâti.

L’événementiel de notre commune doit également donner une part encore plus large à des hommages à la tradition catalane.

Enfin, notre communication doit porter la marque permanente de cette appartenance.

 Quelle place souhaiteriez-vous accorder à l’enseignement de la langue catalane en cas d’élection ?

L’apprentissage du catalan, qu’il soit normatif et/ou roussillonnais, doit se développer encore plus dans nos écoles et nous souhaitons mettre en place, notamment dans les activités périscolaires liées à la réforme des rythmes initiée par l’Etat, des animations liées à cet apprentissage. Ce sera en outre, la source d’une création d’emplois d’éducateurs spécialisés dans l’apprentissage du catalan.

Pour vous la défense et les intérêts de la territorialité catalane peuvent-ils se conjuguer avec la fusion de notre actuelle région et celle de Midi-Pyrénées ?

Quand on regarde l’histoire de la Catalogne, devons-nous nous sentir moins languedocien qu’occitan ? Ou l’inverse ? Mon intime conviction c’est que nous sommes sur 2 problématiques, qui ne sont pas forcément liées, entre territorialité et  cohérence européenne.

Les Länders allemands correspondent-ils à une réalité humaine, géographique ou économique ?

Certes les limites de cette comparaison sont liées au statut fédéral allemand radicalement différent de notre structuration jacobine « descendante ».

Aussi la question ne se pose pas en matière de problématique territoriale qui ne sera pas si différente entre Languedoc Roussillon et nouvelle région « Sud de France » (comme dénomination pressentie). La future région avoisinera le 3ème PIB national et permettra une polarisation efficiente de nos forces. Néanmoins, je crains en contrepartie une certaine dilution des moyens régionaux lié à une bipolarisation régionale pour laquelle les élus montpelliérains et toulousains semblent déjà s’entendre. La cannibalisation des ressources par l’axe constitué par ces 2 métropoles nécessite d’exister fermement et identitairement  en Catalogne.

La voie de la création de districts européens, entité passerelle entre Catalognes Nord et Sud renforcerait le poids de notre territoire dans le dialogue intra et extra régional.

Bref, plus que du simple lobbying, notre renforcement identitaire est le moyen le plus évident pour continuer d’exister.

En terme de développement économique, les intérêts des artisans et des producteurs locaux, ne seraient-ils pas mieux défendu par une politique à préférence locale, fruit de la création d’une région catalane administrée selon le statut d’une collectivité territoriale (Art 72 de la constitution) qui permettrait d’encourager légalement les pratiques allant dans ce sens ? Comme élus municipal, seriez-vous prêt à défendre un tel projet ? 

Non seulement je serai prêt à défendre un tel projet, mais nous pratiquons déjà en ce sens. En effet, la réforme du Code des Marchés Publics nous permet aujourd’hui de favoriser l’offre locale, le législateur prenant en compte la difficulté d’exister des PME des territoires concernés face aux Multinationales.

Aujourd’hui, il faut que les responsables des services Marchés Publics bâtissent des dossiers de consultation propre à retenir les locaux. Ce n’est pas seulement une question de patriotisme économique, mais aussi une question de sécurité pour les collectivités qui doivent avoir leurs prestataires à proximité.

Etes-vous favorable à plus de compétence locale ? Comme par exemple en matière sécuritaire, ou bien la récupération de la masse fiscale ? Compétence liée à la collectivité territoriale.

Je suis d’autant plus favorable à l’augmentation des compétences en local que cela va dans le sens de l’histoire et de la loi NOTRe (Nouvelle organisation de la République).

Le dossier à court terme concerne déjà la sécurité et fera d’ailleurs parti des arguments de campagne des prochaines élections régionales, si l’on écoute ce qu’a dit M. Saurel, Maire de Montpellier, lors de la dernière session du Parlement des Territoires à laquelle je participais.

La récupération de la « masse fiscale » est le moyen incontournable et démocratique de la mise en musique de cette décentralisation, cette dernière étant, il ne faut pas se le cacher, qu’une externalisation des dettes de l’Etat …

Ecologie, emploi, cadre de vie, sont des questions qui sont au cœur des préoccupations. Comment concilier selon vous, et au niveau municipal, les “8 points basiques” de la relocalisation économique (réévaluer, re-conceptualiser, restructurer, relocaliser, redistribuer, réduire, réutiliser, recycler). 

Les « 8 points basiques » sont à mettre en corrélation avec le terme « glocal » : Penser global et agir local.

Quel homme politique, digne de ce nom, privilégierait la mondialisation au développement d’une économie circulaire ? Le budget de nos communes, essentiellement constitué avec l’argent du contribuable, doit bénéficier directement, par le biais de projets structurants, ou indirectement, par la création de demande auprès de notre économie locale.

Ceci n’est ni être pour la gauche, ni être pour la droite, mais être pour son territoire avant tout ! C’est d’ailleurs l’esprit exact de ma candidature et du profil de mes co-listiers, loin de tous appareils de partis.

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