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Nîmes. Malik condamné à 15 ans de prison pour avoir renversé des policiers en voiture

01/02/2018 – 18h40 Nîmes (Lengadoc Info) – Cette semaine, la cour d’assises du Gard jugeait Malik AZOUZA, accusé entre autres de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique. En janvier 2015, le jeune homme alors âgé de 21ans s’était violemment soustrait à un contrôle de police au volant de son Audi A3, déclenchant une course poursuite effrénée dans les rues de Nîmes au cours de laquelle il percuta plusieurs agents des forces de l’ordre et un passant. Les policiers pris pour cibles par le chauffard durent faire usage de leur arme en légitime défense, blessant le jeune homme à l’abdomen. Les faits se sont déroulés pas moins de 48h après l’attentat de Charlie Hebdo, et coïncident avec l’assaut de l’Hyper Cacher, déclenchant dès lors un vif émoi dans la capitale gardoise tant auprès des policiers que de la population. Un procès médiatique donc, d’autant plus que Me DUPONT-MORETTI assure la défense de l’accusé.

La qualification des faits

Au cours des débats, Me DUPONT-MORETTI (avocat de la Défense) et Me CORRAL (avocat des policiers constitués partie civile) n’auront de cesse de s’escarmoucher, notamment quant à la qualification des faits. Pour le premier, le défaut d’intention de tuer de son client exclut toute tentative d’homicide ; pour la Partie Civile, la froide détermination de Malik AZOUZA et son absence de mobile cachent une véritable envie de « se faire un flic ». La querelle a son importance, à tel point que la Cour propose une qualification subsidiaire pour « Violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ». La peine maximale encourue passerait alors de la réclusion criminelle à perpétuité à 7 ans d’emprisonnement.

Une personnalité qui dérange

A la barre, les témoignages sur la personnalité de l’accusé s’enchainent et se ressemblent, qu’ils proviennent d’experts médicaux aux conclusions perplexes ou bien d’anciens camarades de classe terrorisés : Malik AZOUZA se donne des airs de petit caïd, il est violent, manipulateur et vicieux.

A cela s’ajoute un casier judiciaire présentant déjà un refus d’obtempérer avec mise en danger de la vie d’autrui, et aussi des « rumeurs » (comme les qualifie la Défense) d’appels malveillants, incendies volontaires, détention de stupéfiants, trafic de fausse monnaie ou encore vol avec arme.

Pourtant l’accusé se pose en victime. Selon lui, ses actes ont été dictés par la panique face à des policiers certainement alarmés par le contexte terroriste. Au fil de l’évolution des débats, il contredit régulièrement les déclarations qu’il a maintenues pendant trois ans, adaptant tant bien que mal sa version des faits à la recherche de la vérité diligentée par le Ministère Public et la Partie Civile. Une stratégie qui lui vaudra d’être taxé de menteur en prime…

« Un petit con […] mais pas un meurtrier » – Maitre DUPONT-MORETTI sur son client

Dans la salle d’audience pleine à craquer, les plaidoiries se succèdent. Me CORRAL et Me DEVEZE, pour les policiers constitués partie civile, opposent le comportement héroïque de leurs clients à la personnalité déviante de l’accusé.

Mme la procureure COMPAN requiert pour sa part 15 ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’accusé.

Me DUPONT-MORETTI quant à lui joue sur les contrastes. Il valide le statut de petit voyou de son client en lui reconnaissant les défauts qu’on lui attribue, afin de mettre en lumière qu’il n’a pas l’envergure d’un meurtrier. Il est clair que « l’Ogre du Nord » souhaite voir la qualification de tentative de meurtre abandonnée au profit de celle de violence volontaire. Un pari risqué ? Il faut croire que oui, puisqu’après 3h de délibéré, le jury déclare l’accusé coupable de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique. La Cour suit les réquisitions du Ministère Public et condamne Malik AZOUZA à 15 ans de réclusion criminelle.

L’annonce du verdict par la présidente Geneviève PERRIN déclenche de vives réactions sur le banc de la famille de l’accusé : « C’est une honte ! » crie une voix de femme tandis que le frère aîné de Malik AZOUZA, très agité, est évacué par un proche.

Photos : Lengadoc Info

Lengadoc-info.com, 2018, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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3 Commentaires

  1. BRAVO….BRAVO…BRAVO….VICTOIRE ……ENFIN ….

  2. L’article de ce journal est à peine parti pris !!! je croyais que les journaux devaient relater des faits en toute impartialité !

    • C’est une croyance populaire. On attend au contraire du journaliste une certaine analyse des faits, sinon une machine ferait tout aussi bien l’affaire. C’est ce que Hegel appelait « la subjectivité bienveillante » chez l’historien. Par exemple, vous ne pouvez pas vous contenter de dire que Hitler était un « homme politique ».

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