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Les privatisations résonnent dans le cœur des Français comme une haute trahison de l’Etat

31/03/2018 – 19h40 Montpellier (Lengadoc Info) Tribune libre Privatiser une entreprise ou un secteur économique revient à passer d’un service public à une logique purement capitaliste. De manière générale, le service public est fonctionnel sans être extraordinaire, et est bien souvent déficitaire, le but étant de satisfaire l’intérêt général. Le plus souvent, certains secteurs, tels que les transports, bénéficient de larges subventions. En clair : le billet payé par le voyageur ne constitue qu’une fraction des coûts supportés. L’avantage d’une privatisation serait évidemment la suppression des subventions et des pertes liées à certains secteurs déficitaires. La logique d’entreprise voudrait que l’on se concentre sur les positions les plus rentables, ce qui léserait incontestablement certains citoyens, par la perte d’un service. Cela dit, l’efficacité n’en serait que meilleure. Les Anglais ayant privatisé le transport ferroviaire, le taux d’absentéisme, les retards, ainsi que les grèves furent largement réduits, de par la vitesse commerciale plus élevée.

Privatisations, gare à la hausse exorbitante des prix !

Une privatisation engendre inexorablement la hausse des prix, et ce, sur des années. Le meilleur exemple est celui des autoroutes françaises dont les prix sont totalement abusifs. Ces hausses sont justifiées par l’entretien nécessaire des routes. Ce qui est scandaleux, car ce n’est pas aux usagers de supporter la majeure partie de ces investissements, sachant qu’il est inscrit dans le contrat que ces chantiers sont majoritairement à la charge des concessionnaires. Comme révélé par l’ARAFER (Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires et Routières), il persiste un écart trop important entre les investissements engagés par les sociétés d’autoroutes et les hausses de tarifs.

Privatiser, c’est rendre l’entreprise plus efficace, plus compétente, mais il faut se rendre à l’évidence et accepter le recul de certains droits acquis ainsi que des emplois moins stables. La logique libérale de la privatisation se base sur l’offre et la demande, ainsi que sur l’absence de culture sociale, le but étant de faire du profit pour satisfaire ses propriétaires, contrairement au service public qui, lui, vise plutôt le côté utile, l’intérêt général, ainsi que l’accessibilité à tous des services.

L’Union Européenne et nos politiciens complices sont en marche pour privatiser un large panel du secteur public. Mais qu’est-ce qu’un pays ne contrôlant plus ses énergies, ses transports et sa sécurité ? Jusqu’où irons-nous ?

Bertrand Leuenberger

Photos : DR

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2 Commentaires

  1. Que ceux qui croient encore les discours socialistes et syndicaux, lèvent la main.
    Le seul service qui est valable, c’est celui qu’on « paie ».
    Et tout ce qui est « gratuit », comme les idées socialistes, ce n’est qu’un « mirage ».
    Dans les années 60, les « PTT » signifiait : « Petit Travail Tranquille », quant à « SNCF »,
    les plus de 60 berges, se souviendront que cela signifiait: « Service National des C..
    Fainéants ».

    • Je rajouterai que les 55 milliards d’euros de déficits de la SNCF, que l’Etat macronien a mis dans la dette de la nation, c’est encore les français qui payent leurs billets qui paieront encore l’addition. Songeons que nos députés ne paient « rien » et qu’ils voyagent en 1 ère classe obligatoirement.
      Alors c’est qui les cons de payeurs? Le français de base.
      Et même si vous avez « acheté » une carte réduction de « grand voyageur », vous n’êtes pas certain de pouvoir l’amortir au bout de l’année. Car il faut y intégrer les grèves surprises, les réservations complètes, les changements d’horaires, voire les incidents techniques, du genre d’un passager clandestin armé d’un couteau et qui fait le « cirque » dans la rame lors du contrôle voyageur. Alors, si les français veulent bien voir les progrès économiques apportés par les sociétés du rail japonais, coréens ou autre autrichien, alors qu’ils n’hésitent pas.
      «L’ennui naquit un jour de l’uniformité.», dans ce service publique l’ennui c’est le maquis des prix et de ses incertitudes de correspondances ferroviaires, qui l’ont « tué ».

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