Les étudiants, ces victimes de la Crise Sanitaire dont on ne parle pas

17/02/2021 – 19h30 Montpellier (Lengadoc Info) – Outre les personnels soignants, les restaurateurs et autres commerçants, les étudiants sont aussi en proie à de nombreuses difficultés suite aux restrictions liées à la crise sanitaire. Leur pouvoir d’achat, comme celui de l’ensemble des français, a été fortement atteint, faisant basculer certains dans une précarité plus qu’inquiétante. 

Cette crise sanitaire a effectivement aggravé la situation de la plupart des étudiants, alors déjà fragile. Selon une étude menée par l’Organisation de la vie Etudiante (OVE) publiée en septembre 2020, plus d’un tiers des étudiants a déclaré avoir des difficultés financières.

La pandémie engendre une pénurie d’emploi pour ces jeunes. Les fameux « jobs d’étudiants » dont le faible revenu leur permet de survivre en continuant leurs études. Ce sont pas moins de 6 étudiants sur 10 qui se sont vus contraints depuis le premier confinement de changer voire d’arrêter leur activité rémunérée. La perte de revenu pour ces jeunes est estimée, d’après l’étude, à 274 euros en moyenne chaque mois.

Des difficultés pour étudier mais aussi pour se nourrir

Toujours d’après l’enquête de l’OVE, ce sont les dépenses d’ordre alimentaire qui posent principalement problème aux étudiants. Elles ont en effet été citées par 56% des étudiants ayant rencontré des difficultés financières.

Les étudiants confrontés à des difficultés pour se nourrir

La promesse émise par notre Président d’un repas à 1 euro disponible auprès du CROUS (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) pour tout étudiant qui en ferait la demande n’est malheureusement qu’une farce. Ce fameux repas composé d’un yaourt et d’un plat d’une quantité de 200 g ne concentre que 400 kcals. On est loin des 2400 kcals nécessaires pour un homme adulte…
Dans un pays où la production de denrées alimentaires n’a jamais été aussi élevée, l’Etat se contente de verser à ses jeunes cerveaux 200 g de nourriture industrielle comme seule aide alimentaire. Il ne faudra pas se plaindre que l’émigration qualifiée, appelée « fuite des cerveaux », soit en constante augmentation.

En témoigne la file d’étudiants, observée il y a 8 jours en Ile-de-France, faisant la queue sur plusieurs centaines de mètres et patientant pendant des heures pour recevoir un colis repas. C’est l’association de bénévoles « Linke » qui se charge de redistribuer les invendus de la grande distribution. Ce sont plus de 20 000 colis repas par semaine qui sont ainsi redistribués aux étudiants en précarité. Il est triste de voir le ferment de notre nation se déliter pour la seule réussite d’une politique de terreur sanitaire.

De plus, l’achat contraint de masques chirurgicaux et de gel hydro-alcoolique représente aussi, pour les plus précaires, un budget supplémentaire. Le format des cours en ligne, en plus de nuire à la qualité de l’enseignement, entraîne aussi des dépenses supplémentaires : nécessité d’avoir un ordinateur fonctionnel, une caméra, un casque audio…

Un logement de plus en plus difficile à assurer

Le logement, comme on peut le voir à Montpellier, est un véritable fardeau pour les étudiants qui voient les loyers augmenter d’année en année. En effet, chaque année, entre juin et septembre, c’est un véritable parcours du combattant pour les dizaines de milliers d’étudiants montpelliérains. La réussite de ce parcours nécessite la plupart du temps des sacrifices financiers énormes car la plupart des villes universitaires affichent des loyers particulièrement élevés. Le CROUS met à disposition des aides financières pour seulement 50 % des demandes, ce sont 170 000 places pourvues pour plus de 350 000 demandes sur l’ensemble du territoire national. Le « plan 40 000 » lancé par François Hollande avec pour objectif de construire 40 000 logements supplémentaires destinés aux étudiants n’a pu atteindre que la moitié de ses ambitions à la fin de son quinquennat, à savoir 20 000 logements…

Photos : Lengadoc Info/Pexels

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