Trafic de drogue à la vue de tous
Trafic de drogue à la vue de tous

Drogue. « La liberté détruite » par Tony Anatrella

31/03/2021 – 21h10 Montpellier (Lengadoc Info) – Avec « La liberté détruite », paru en 2000 chez Flammarion, Tony Anatrella, prêtre de son état, pose le doigt où ça fait mal. Dès l’introduction, ce dernier énumère les malaises civilisationnels où notre jeunesse se réfugie : des paradis artificiels en tous genres qui n’ont pour unique but que d’échapper à la réalité. Le plus nocif étant la consommation de drogue.

Le cannabis, fléau des sociétés modernes

Tony Anatrella définit le cadre de sa réflexion de la façon suivante : « Le recours massif à la drogue qui s’est développé en l’espace de quelques années, est le symptôme alarmant d’une évasion collective vers l’imaginaire, d’un attrait vers les sensations les plus extrêmes, d’une quête hédoniste éperdue, motivée par l’ennui et le désespoir ». Par-là, l’auteur illustre bien le manque d’ambition, d’implication des jeunes dans la société, ayant un besoin d’évasion qui prime sur le bien commun. La consommation de drogue, elle, est propre à une liberté individuelle. Il souligne bien le fait que l’individu qui s’enferme dans ces réalités parallèles ne contribue pas à son entourage, il s’excommunie volontairement pour être « en paix avec lui-même » mais son initiative contribue à une décadence psychique et physique.

Et pourtant les conséquences de l’usage de drogue sont nombreuses et profondes. Tony Anatrella a pu les constater jour après jour dans son métier de psychothérapeute. La consommation de psychotropes par exemple, cause la schizophrénie, la paranoïa, des troubles sociaux mais aussi personnels graves. L’être humain a de plus en plus de mal à s’accorder à la société, bien au contraire, il proteste en agissant comme cela, et entraîne son entourage avec lui.

Anxiété, stress, fatigue, manque de confiance en soi sont le propre de la consommation du cannabis, qui selon le prêtre, est la pire drogue à long terme car elle entraine également l’infertilité. Un constat établi également par l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies pour qui « La consommation régulière de cannabis peut constituer un facteur d’aggravation de toutes les maladies psychiatriques (augmentation du risque suicidaire, de désinsertion sociale, des troubles de l’humeur et anxieux) ».

Depuis les années 60, la consommation du cannabis aurait augmenté de 45% chez les jeunes en France, ce qui est énorme. Cette drogue est de moins en moins réglementé, son usage est courant, régulier et ne choque plus personne.

Le cannabis, fléau de nos sociétés modernes…

Sortir du piège des paradis artificiels

Dans les démocraties individualistes, les adolescents se sentent délaissés, non concernés par la vie qui les entoure. Ceci est le produit, d’après Tony Anatrella, de la non-éducation des parents qui préfèrent laisser leurs enfants devant la télévision dès le plus jeune âge, ne passant plus de temps avec eux, ce qui crée déjà un fossé social. Comme il l’énonce bien, l’ado s’enferme déjà dans une réalité imaginaire à travers un écran, et dès qu’il entre dans la vie active, il ne comprend pas comment interagir avec autrui. De plus, il est de coutume que les jeunes ne s’éduquent pas, volontairement, ils ne veulent plus s’informer et sont « allergiques » à toute forme de culture. Cela rend compliqué leur initiation en tant qu’adultes et leur insertion dans la société. Aujourd’hui, les adolescents préfèrent le « je ressens » au « je pense », ce qui est symptomatique de notre mentalité moderne.

En plus d’éviter les problèmes mentaux et physiques, l’individu devrait arrêter de se droguer, tout simplement parce-que cela renforce son malaise intérieur et son isolement avec autrui. En agissant de la sorte, il devient de moins en moins utile à la société en s’auto-exilant. L’être humain a nécessairement besoin d’autrui pour évoluer et se sentir en accord avec lui-même. Prenons par exemple le cas des « rave party » au cours desquelles la consommation de drogue et aussi forte que les décibels. « Rave party » veut dire mot à mot « divaguer » et « faire la fête » ce qui met bien en valeur le caractère égoïste et non constructif de cette manifestation festive, une volonté propre et personnelle d’évasion où la décadence atteint son paroxysme le temps d’un week-end. Parfois même, ces accoutumances peuvent entrainer des suicides car l’individu est totalement impuissant, la drogue le dépassant complètement. L’individu ne vit parfois uniquement dans le but de se procurer son « produit ».

Il est nécessaire de prendre l’œuvre de Tony Anatrella pour ce qu’elle est, à savoir un livre précieux illustré par des études de terrains. Il nous dépeint non pas une morale sur les drogues mais un moyen libérateur de s’en débarrasser. De toute évidence, ce prêtre à travers son étude et ses expériences professionnelles a totalement cerné le problème profond de la société qui détruit la jeunesse d’aujourd’hui.

Son parcours en bref

Tony Anatrella est un prêtre du diocèse à Paris et psychothérapeute français, plus précisément, il a obtenu un diplôme de l’École des hautes études en sciences sociales. Il est aussi consultant au Conseil pontifical pour la famille et chargé de mission sur les drogues et la toxicomanie auprès du Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé à Rome. Il bénéficie du titre de « Monseigneur », un titre honorifique du Vatican.

Photos : DR

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