union des droites
Crédit : Lengadoc Info

[Interview] Quel avenir pour l’union des droites après les municipales ?

09/03/2020 – 19h05 Montpellier (Lengadoc Info) – Les élections municipales de 2020 ont été marquée dans le département de l’Hérault par une multiplication des listes d’union des droites. A Béziers, à Sète, à Lunel, à Frontignan… en tout ce sont plus d’une dizaine de communes qui sont concernées.

Ce phénomène politique inédit n’est pas un hasard. C’est en tout cas ce qu’explique Michel Colas, délégué National de Debout La France, qui veut croire que ces « rassemblements » pourront se renouveller lors de prochaines élections.

Lengadoc Info : Michel Colas, l’union des droites a le vent en poupe dans l’Hérault pour ces élections municipales, comment expliquez-vous ce phénomène ?

Michel Colas : Je pense que l’explication est la conjonction de plusieurs éléments :

Le principal est avant tout (et permettez-moi de parler de deux cas que je connais bien, Sète et Frontignan), l’amour que porte les deux têtes de listes à leurs communes. Ensuite, la capacité de ces deux mêmes personnes à s’être émancipées de leurs partis politiques d’origine. Sans renier leurs convictions et leur attachement aux valeurs prônées par ceux-ci, ils ont compris que les administrés d’une commune se moquent complètement de l’étiquette du candidat si celui-ci a la capacité de rassembler autour de lui et d’œuvrer pour le bien de tous.

Rassemblement, le mot est lâché. Et c’est ce même rassemblement que Sébastien Pacull pour Sète et Gérard Prato pour Frontignan ont réussi, allant même au-delà de la droite en incorporant à leurs listes respectives des personnalités issues du milieu associatif voire de la gauche ou du parti animaliste.

Lengadoc Info : Le ralliement de Nicolas Dupont Aignan à la candidature de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle est souvent présenté comme l’élément précurseur qui a fait sauter les barrières entre les partis.

Michel Colas : Effectivement le ralliement de Nicolas Dupont Aignan à la candidature de Marine Le Pen a été vécu comme un séisme dans le monde de la « bienséance » ouvrant une brèche dans la digue érigée par le « piège Mitterrand ». Par ce geste, NDA a fait passer un message fort : lorsque la démocratie est en danger, il est nécessaire d’aller au-delà des préjugés, de faire fi des différences et de se rassembler. Cet accord de circonstance aura au moins eu ce mérite.

Lengadoc Info : Quel est le rôle de Debout La France aujourd’hui dans le succès de cette union des droites dans l’Hérault?

Michel Colas : Debout la France dans l’Hérault comme dans le reste de la France a compris que seul l’union pourra nous sortir du Macronisme et de ses « adeptes » plus intéressés par leurs intérêts personnels que par le bien commun.

Personnellement je suis un fervent partisan d’une union capable de rassembler même au-delà des partis traditionnels dans la mesure où les composantes de cette union partagent les mêmes priorités comme l’amour de la France et ses valeurs, le respect des institutions et de notre patrimoine culturel. Si, de plus comme c’était le cas pour Sète et Frontignan, l’intérêt réel et désintéressé des deux têtes de listes pour leurs communes était évident, c’est tout normalement et avec plaisir que j’ai œuvré à ces unions.

Lengadoc Info : Cette union au niveau local peut-elle fonctionner également à une autre échelle ? Peut-on, par exemple, envisager une liste d’union des droites aux élections régionales ?

Michel Colas : Nicolas Dupont Aignan, lors de sa venue récente sur l’Hérault, l’a expliqué dans une approche que je partage totalement. L’union pour les Régionales, pourquoi pas dans la mesure où il s’agit d’une vraie union au sens large du terme et non d’un regroupement autour d’un parti hégémonique, agrémenté par saupoudrage de quelques « petits faire valoir ». De plus, cette union ne pourra se faire, qu’autour d’un projet commun porté également par des personnes issues de la société civile et derrière une personnalité capable de rassembler. Dans le cas contraire, ce ne sera que gesticulation et cela n’aboutira à rien.

Alors oui, je suis, à titre personnel, totalement favorable dans ces conditions à une union pour les prochaines régionales, seul moyen pour « éjecter » de son siège, Carole Delga et son équipe. Dès maintenant, comme je l’ai fait pour les municipales, j’ai commencé à m’investir dans ce sens et invite toutes personnalités politiques ou non souhaitant faire bouger les choses pour l’intérêt commun à se rapprocher de moi afin que nous puissions travailler ensemble.

Mettons de côté nos différences souvent minimes, et avançons ensemble. Rappelez-vous : Nos divisions font la force de nos ennemis.

Photos : Lengadoc Info

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