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MAIS C’EST QUOI CE TITRE ? Petite sélection d’ouvrages au titre étrange

05/04/2020 – 16h10 Montpellier (Lengadoc Info) – Il était une fois une librairie qui était ouverte (information vérifiée). Elle proposait des livres aux titres tous plus insolites les uns que les autres. Le lecteur se laissa tenter par Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi et en fut fort déçu. Ton livre est nul ? Trouve un bon titre disait-on dans le monde de l’édition ! La mode des titres curieux n’est finalement pas récente et nombreux sont absolument dignes d’intérêt. Voici 24 idées de lecture pour que confinement rime avec amusement. Bonne lecture à tous !

NB : les résumés constituent les quatrièmes pages de couverture fournies par l’éditeur et ne reflètent pas forcément l’esprit de la rédaction.

LA TRÈS BOULEVERSANTE CONFESSION DE L’HOMME QUI A ABATTU LE PLUS GRAND FILS DE PUTE QUE LA TERRE AIT PORTÉ, d’Emmanuel Adély, Inculte Éditions

Il est mal rasé il est en polo Ralph Lauren (135 $) il transpire il mesure 6 pieds 2 pouces il est solide il a trente-cinq ans il est tireur d’élite il sent le sable chaud il est tatoué sur les bras et le cou et le dos et la jambe il a un ballon de rugby américain à la main il est américain il est grand il est américain c’est lui en tenue de combat avec des lunettes de vision nocturne avec sa gourde à la ceinture qui va tirer deux coups dans le front puis un coup dans le front C’est le récit d’une traque. C’est le récit de sa conclusion. C’est le discours d’un héros. C’est la légende de ses guerriers. C’est la geste d’une épopée. C’est un chant. C’est une ballade. C’est factuel. C’est une Iliade dont les dieux seraient la pizza et des hélicoptères.

L’AGONIE DES GRANDS MÂLES BLANCS SOUS LA CLARTÉ DES ALLOGÈNES, d’Olivier Bardolle, L’Éditeur

Le grand mâle blanc, au sourire conquérant, cigarette aux lèvres, verre de scotch à la main et Cadillac sous le coude, icône d’une société de consommation en plein essor, n’existe plus. Ses échecs historiques à répétition, les guerres dévastatrices, les décolonisations douloureuses, les krachs en série, l’irruption des nouvelles puissances, ont eu raison de son aura. Au programme désormais: crise économique, dette publique, précarité de l’emploi, concurrence sauvage et logement clapier. Cette nouvelle existence au rabais signe la fin de la « vie héroïque » et de ses excès. Un essai drôle et désespérément lucide sur le crépuscule du grand mâle occidental tel que nous le connaissons depuis la découverte de l’Amérique, et tel que lui-même a pu s’admirer dans le miroir complaisamment tendu par Hollywood.

LA LÉGENDE DU SEXE SURDIMENSIONNÉ DES NOIRS, de Serge Bilé, Le Serpent à plumes

Les peintures grecques et romaines l’ont souligné ; les théologiens chrétiens, juifs et arabes l’ont en chœur jadis avalisé ; les femmes en sont persuadées : les Noirs ont un sexe sur-di-men-si-on-né ! Tellement surdimensionné qu’il continue encore, aujourd’hui comme hier, de faire fantasmer et jaser. Ce livre retrace, avec minutie, l’histoire de ce qui fut, dès le départ, un monstrueux préjugé visant à rabaisser les Noirs au rang de bêtes, dotés à la place du cerveau, d’un pénis  » démesurément long  » ! Certains, durant l’esclavage, furent même utilisés comme de vulgaires reproducteurs. Et parfois ils devaient également satisfaire, de gré ou de force, l’appétit sexuel des femmes de leurs maîtres. Sous Louis XIV, les Noirs, tenus pour débauchés, effraient autant qu’ils subjuguent. La reine Marie-Thérèse, qui fraie avec l’un d’eux, accouche – ô scandale ! – d’une petite négresse. Une page peu connue de l’histoire de France. Les Noirs seront aussi stigmatisés au cours des siècles, en Espagne, en Angleterre et en Russie notamment, où ils incarneront la fornication et le diable. Le poète martiniquais, Aimé Césaire, en fera même l’étrange expérience lors d’un voyage, avant guerre, en Yougoslavie. Que dire encore de ce médecin allemand, le docteur Stigler, qui ne trouvera rien de mieux à faire, en 1942, en plein conflit mondial, que d’étudier le pénis des prisonniers antillais et africains ? En Italie, c’est le grand quotidien La Repubblica qui, pour évoquer le sida et les comportements sexuels à risque, lance en 1989, une vaste campagne d’affichage montrant un Noir en train d’embrasser, à pleine bouche, sa compagne… un singe ! Même dans le milieu du film X, les Noirs font sexuellement peur au point d’être souvent victimes de racisme. Cet ouvrage qui se lit comme un roman, démonte, sans détours et sans tabous, les mécanismes d’un stéréotype aux mille visages, hérité du passé. Il rappelle à tous, aux Blancs comme aux Noirs, que le préjugé sexuel est le frère jumeau du préjugé de couleur.

LE CAPITAINE EST PARTI DÉJEUNER ET LES MARINS SE SONT EMPARÉS DU BATEAU, de Charles Bukowski, Le Livre de Poche

Alors que la Faucheuse se prépare à l’entraîner de l’autre côté du miroir, l’auteur des Contes de la folie ordinaire entame, à la demande d’un ami, un journal intime. S’il dit son peu de goût pour ce genre d’exercice, il s’y plie cependant avec une magnifique sincérité, n’épargnant ni ses contemporains, ni soi-même. Les courses de chevaux, les ennuyeux interviewers ou quémandeurs d’autographes, la relecture d’un jeu d’épreuves, ces ongles de pieds qu’il faudrait bien se décider à couper : tout ce qui fait la vie de tous les jours est là. Et aussi les nuits d’insomnie, lorsque l’écran du Mac constitue l’ultime ressource et la seule liberté. Car le « vieux Buk » se veut avant tout un écrivain. Et c’est une superbe « préface à la vie d’écrivain » qu’il nous donne ici, en point final d’une oeuvre parmi les plus singulières et les plus fortes de ce temps.

ET LES HIPPOPOTAMES ONT BOUILLI VIFS DANS LEURS PISCINES, de William S. Burroughs et Jack Kerouac, Folio

Manhattan, été 1944. Autour de Will, serveur dans un bar, et de Mike, marin dans la Marchande, gravite toute une constellation d’amis sans le sou, qui errent dans la chaleur de la ville et se retrouvent lors d’improbables soirées. Parmi eux, Phillip, un gamin de dix-sept ans à la beauté insolente, et Al, la quarantaine un peu pathétique, qui est éperdument amoureux de lui. Partout où va Phil, Al, jamais découragé par les refus du garçon, le suit comme son ombre. Pour lui échapper et par goût de l’aventure, Phil accepte la proposition de son ami Mike : s’embarquer, dès que possible, sur un navire de la marine marchande vers Paris. Mais le départ tant attendu est plusieurs fois reporté… Livre culte, longtemps resté inédit, Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines est le premier roman de William S. Burroughs et de Jack Kerouac.

DE QUELQUES AMOUREUX DES LIVRES QUE LA LITTÉRATURE FASCINAIT, QUI ASPIRAIENT Á DEVENIR ÉCRIVAIN MAIS EN FURENT EMPÊCHÉS PAR DIVERSES RAISONS QUI TENAIENT AUX CIRCONSTANCES, AU SIÈCLE DE LEUR NAISSANCE, Á LEUR CARACTÈRE, FAIBLESSE, ORGUEIL, LÂCHETÉ, MOLLESSE, BRAVOURE, OU BIEN ENCORE AU HASARD QUI DE LA VIE FAIT SON JOUET & ENTRE LES MAINS DUQUEL NOUS NE SOMMES QUE DE MENUES CRÉATURES, VULNÉRABLES & CHAGRINES, de Philippe Claudel, Finitude

Il y a tant de raisons possibles pour qu’un livre ne voie jamais le jour, qu’il semble quasi miraculeux qu’un beau matin quelqu’un ait pris la plume et soit parvenu à en écrire un. Avec une délicieuse fantaisie, Philippe Claudel passe en revue une litanie d’écrivains en devenir, de malheureuses victimes de la littérature, soumises à de pathétiques aléas, à des imprévus aussi cocasses que farfelus.

COMME LE FANTÔME D’UN JAZZMAN DANS LA STATION MIR EN DÉROUTE, de Maurice G. Dantec, Albin Michel

« On n’avait pas des masses d’alternatives, Karen et moi, quand on a décidé de voler l’Etat qui essayait de nous voler nos vies. »Le long d’une autoroute qui file vers le sud, au son d’un saxophone kamikaze, la cavale hallucinée d’un couple atteint par un étrange neurovirus qui connecte leur cerveau à la station Mir et à son Ange Gardien, le jazzman Albert Ayler. Un voyage au-delà de la réalité et de l’infini, entre états altérés de la conscience et phases de réadaptation.Un Dantec à tombeau ouvert, dans la veine de Babylon Babies ou de La Sirène rouge.

ENCORE UNE NUIT DE MERDE DANS CETTE VILLE POURRIE, de Nick Flynn, Gallimard

 » J’ai travaillé auprès des sans-abri de 1984 à 1990. En 1987, mon père s’est trouvé à la rue, est resté sans-abri près de cinq ans.  » Nick Flynn n’avait pas connu son père. Ce dernier, écrivain sans œuvre un brin mythomane, menait une vie de bohème et de petits trafics, tandis que son fils, lui-même apprenti poète, traversait une jeunesse instable et ponctuée de drames. Jusqu’à leur rencontre dans un asile pour SDF de Boston. Les souvenirs affluent alors, en désordre, à l’image d’un roman familial chaotique. Pour autant, ce livre ne se réduit ni à un document social sur la misère urbaine, ni à un simple récit autobiographique. S’il rend dignité et parole à toute une humanité souffrante, il s’agit avant tout d’une méditation de poète sur la filiation, hantée par le spectre du roi Lear et les échos de Beckett. Sans apitoiement, dans une langue fulgurante, Nick Flynn use tour à tour de toutes les formes littéraires pour cerner enfin la mythique figure paternelle, dans l’espoir de donner ordre et sens à sa propre vie. Cette entreprise héroïque, à la portée universelle, devient ainsi un acte de foi dans la grandeur de la littérature.

CE QUI EST RESTÉ D’UN REMBRANDT DÉCHIRÉ EN PETITS CARRÉS BIEN RÉGULIERS ET FOUTU AUX CHIOTTES, de Jean Genet, Les Éditions du Chemin de fer

Ce qui est resté d’un Rembrandt déchiré en petits carrés bien réguliers, et foutu aux chiottes a été publié pour la première fois dans la revue Tel Quel en 1967. Le titre doit être pris littéralement : en 1964, suite au suicide de son compagnon, Jean Genet détruit les manuscrits sur lesquels il travaille, dont un consacré à Rembrandt. Quelque temps auparavant deux fragments en avaient été confiés à un traducteur, ce qui les sauve de la destruction. Pour Tel Quel, Jean Genet les place en vis-à-vis sur deux colonnes, faisant de l’un le commentaire de l’autre, mise en forme radicale qui laisse entendre que toute parole est double. Le premier fragment fait allusion à un épisode fondamental de sa vie : “un jour, dans un wagon, en regardant le voyageur assis en face de moi j’eus la révélation que tout homme en vaut un autre”. Cette expérience profondément humaniste est mise en regard du second fragment où il évoque sa fascination pour les peintures de Rembrandt. L’épisode du train apparaît alors pour lui comme un événement aux conséquences fondamentales : si tout homme en vaut un autre, la puissance érotique se délite, tout individu devenant le sujet possible de l’art.

JEANNE D’ARC FAIT TIC-TAC, de Iegor Gran, P.O.L.

Tic-tac… Vous entendez?… Ce murmure… Chaque soir, au village, les habitués se retrouvent au bistrot pour écouter les histoires incroyables d’oncle Guillaume. Des Nike entraînent celui qui les porte vers des plans pas nets. Kennedy coule des jours anonymes après avoir mis en scène son assassinat. Le Remplaceur change les mots français en leurs équivalents anglais jusqu’à faire oublier la langue maternelle à ses victimes… Oncle Guillaume donne le frisson et fonde une nouvelle mythologie. Tic-tac… Un jour, à force de se raconter des histoires, la France déclare la guerre à l’Amérique. Des troupes françaises débarquent par surprise en Floride et progressent rapidement jusqu’à Atlanta. Tic-tac… Tout ce bruit… Les succès et les revers de la viande à canon.

L’ART DE DEVENIR DÉPUTÉ ET MÊME MINISTRE PAR UN OISIF QUI N’EST NI L’UN NI L’AUTRE, de François de Groiseilliez, Librio

Une carrière en politique n’est pas un long fleuve tranquille. Pour gagner sa place au Palais-Bourbon et la conserver !, le chemin est long : il faut faire preuve d’ingéniosité et savoir se construire un personnage. Flatter l’électeur (et sa femme, et son chien), se fabriquer des postures d’ennui ou de dégoût à utiliser à bon escient, savoir pourquoi, à quel moment et comment utiliser son verre d’eau sucrée à l’Assemblée : voilà un art à la fois mystérieux et technique ! Dans cet essai aussi jovial qu’irrévérencieux, bluffant d’actualité, François de Groiseilliez donne à voir une manière nouvelle de faire de la politique, née en 1846, et dont nous sommes les héritiers, pour le meilleur et pour le pire.

DE L’INFLUENCE DES INTELLECTUELS SUR LES TALONS AIGUILLES, de Roland Jaccard, Pierre Guillaume de Roux

« L’École nihiliste n’exige aucune formation, sinon celle dispensée dans les cafés, les troquets et les bordels. L’École néonihiliste ne tient compte ni de la moralité, ni des formalités. L École néonihiliste ne prétend en rien contribuer à la bonne marche du monde et moins encore à celle de ceux qui s y installent pour une durée indéterminée.
L’École néonihiliste ne croit ni en la transmission des valeurs, ni en celle des savoirs. Chacun n’apprend que ce qu’il sait déjà et tend à la vertu dans la mesure de ses intérêts.
L’École néonihiliste juge uniquement sur les apparences. Quand elle juge, ce qu’elle ne fait jamais. L’École néonihiliste savoure les déclins : déclin de l’Orient, déclin de
l’Occident, déclin de l’Empire romain, déclin d’Hollywood, déclin de la philosophie, déclin de l’art et même déclin du déclin. »

BRÉVIAIRE CAPRICIEUX DE LITTÉRATURE CONTEMPORAINE POUR LECTEURS DÉCONCERTÉS, DÉSORIENTÉS, DÉSEMPARÉS, de François Kasbi, Scali

Le Who’s Who de la littérature ; la Bible du bon et du mauvais goût ; les Miscellanées littéraires de Mr Kasbi ; le B.A.-BA de (presque) tout ce qu’il faut savoir en matière de littérature contemporaine : un bréviaire capricieux. Mais pour quoi faire ? Pour mettre en bouche, faciliter un choix, distinguer un livre ou un écrivain, donner envie de lire, ou de relire, de découvrir Aragon ou Agnon, Laurie Colwin ou Léon Bloy, Botho Strauss ou Stendhal, Alasdair Gray ou Jacques Audiberti… Ou alors, selon le genre goûté : polémiques ou classiques, essais ou biographies, littérature française ou étrangère, petites notes ou longues chroniques, portraits ou entretiens. Choisir le grave si l’humeur le dicte, ou le léger si le caprice l’approuve, l’étude érudite ou la comédie romantique. Embrasser les possibles – très fort. Tout le monde peut venir, personne n’est exclu : l’érudit et le dilettante. Y compris l’érudit qui voudrait se détendre. Ou le dilettante qui voudrait, un temps, cesser de l’être. Donc, oui, évidemment, cela vous concerne. Vous, lecteurs, invétérés ou non, spécialistes ou non. Ou futurs lecteurs invétérés : la boulimie (contrairement à une idée reçue) est contagieuse. Venez musarder dans ces 512 pages de littérature : tout ce qui est bon n’y est pas – mais l’on garantit que tout ce qui y est, à un titre ou à un autre, est bon. Vaut la peine qu’on s’y attarde. Comme un guide pour remédier à la déroute de la visite en librairie. Un livre de chevet qui vous empêchera de dormir.

THÈSE POUR LE DOCTORAT DU MAL AUX CHEVEUX ET DE LA GUEULE DE BOIS, de Maurice Mac-Nab, Les Mille Univers

S’appuyant sur les travaux de ses éminents confrères les professeurs Vide-Bouteilles, Cuitamort, Van Pituiten ou encore Peaudelapin, Maurice Mac-Nab nous livre ici une truculente étude sur ces terribles affections que sont le mal aux cheveux et la gueule de bois. Bien sûr, pour prévenir ces maux, le profane considérera naïvement « que c’est bien simple et qu’il s’agit de ne pas boire ». Mais « ce serait trop simple, en effet. Il s’agit au contraire de boire comme un trou, sans avoir mal aux cheveux le lendemain ». Une farce burlesque et réjouissante que seul un ancien membre des Hydropathes (« ceux que l’eau rend malades ») comme Maurice Mac-Nab était habilité à mener.

UNITED EMMERDEMENTS OF NEW ORDER, PRÉCÉDÉ DE UNITED PROBLEMS OF COÛTS DE LA MAIN D’OEUVRE, de Jean-Charles Massera, P.O.L.

United Emmerdements Of New Order nous apprend qu’un navire battant pavillon savoyard s’est échoué, dans la nuit, sur la plage de Cully près de Lausanne (Canton de Vaud) avec quelque 800 clandestins tyroliens, hommes, femmes et enfants entassés dans ses cales depuis plusieurs jours dans des conditions inhumaines. Pire, United Emmerdements Of New Order analyse les raisons qui ont poussé les autorités suisses à créer des camps de réfugiés pour les touristes d’origine française depuis la fermeture du tunnel du Mont-Blanc. United Emmerdements of New Order nous met dans de sales situations sur le plan international et humanitaire, celles que nous ne voulons pas voir ou…

COMPLAINTE DU CARABIN QUI DISSÉQUA SA PETITE AMIE EN FUMANT DEUX PAQUETS DE MARYLAND, de Paul Nizan, Mille et une nuits

Un étudiant en médecine dissèque le corps de sa maîtresse, morte en son absence. Pendant l’opération, le carabin fait la cour à son assistante : « il regarda la morte. La vivante était jolie. » Un texte de jeunesse de Paul Nizan (1905-1940), l’auteur futur d’Aden Arabie et des Chiens de garde. On y sent percer déjà « la personnalité amère et sombre » d’un « homme qui ne pardonne pas à sa jeunesse », selon le mot de Jean-Paul Sartre.

GRANDEUR ET DÉCADENCE DE KRAMINE PLÉTORE OU L’ESSOR DE L’ÉCONOMIE NIPPONE PAR L’INTRODUCTION DU CHAT-BITE AU JAPON, de Régis Passager, Quespire Éditeur

Déterminé, surentraîné, l’oeil vif et le geste souple, Kramine a l’ambition des plus grands champions. De Niort à Tokyo, il n’a désormais qu un seul but : devenir la première star du streak. Et c est toute l’histoire du Japon qui en ressortira bouleversée.

TRAITÉ DU ZEN ET DE L’ENTRETIEN DES MOTOCYCLETTES, de Robert M. Pirsig, Points

À deux sur une moto, père et fils sillonnent les routes vers la Californie. Ils croisent Newton et Kerouac, réparent carburateur, culasse et pistons mal huilés. Chris raconte des histoires de fantômes, son père lui dévoile les théories de la Création. Ils se découvrent comme on démonte un moteur. C’est un road-trip, une chevauchée philosophique et fantastique..

DES CHAUSSURES PLEINES DE VODKA CHAUDE, de Zakhar Prilepine, Actes Sud

Ce recueil de nouvelles permet à Zakhar Prilepine de nous parler à sa façon, qu’on a pu qualifier de brutale, d’amour, des femmes, de la guerre, de mecs, avec des histoires de chien qu’on mange bravement alors que c’est du porc, de filles délurées… Il y a un ton Prilepine, à coup sûr celui d’un grand écrivain.

LE RUGBY EST UNE FÊTE, LE TENNIS NON PLUS, de Pierre Sansot, Petite Bibliothèque Payot

« Pourquoi avoir associé ici le rugby et le tennis ? Parce que dans l’un et l’autre de ces sports, c’est la même capacité de nous émerveiller, de rebondir, de se mêler à notre vie quotidienne, de nous permettre de rencontrer nos semblables. L’émotion, tout autant que l’adresse et la maladresse, l’amertume de la défaite, y ont leur place. Il s’agit là de redécouvrir notre humanité, notre manière d’appréhender le temps, de vivre. »

MODESTE PROPOSITION POUR EMPÊCHER LES ENFANTS DES PAUVRES D’ÊTRE Á LA CHARGE DE LEURS PARENTS OU DE LEUR PAYS ET POUR LES RENDRE UTILES AU PUBLIC, de Jonathan Swift, Mille et une nuits

Dans sa Modeste Proposition, il note à propos de la « viande de bébé » : « J’admets qu’il s’agit d’un comestible assez cher, et c’est pourquoi je le destine aux propriétaires terriens : ayant sucé la moelle des pères, ils semblent les plus qualifiés pour manger la chair des fils. » Avec la même ironie du désespoir, Swift propose, dans son Projet d’attribution d’insignes distinctifs aux mendiants de différentes paroisses de Dublin de « rationnaliser » ta mendicité…

ÉTRANGE SUICIDE DANS UNE FIAT ROUGE Á FAIBLE KILOMÉTRAGE, de L.C. Tyler, Sonatine Éditions

Ethelred Tressider écrit des romans policiers sous trois noms différents. Et, ces temps-ci, il a trois fois plus de problèmes que n’importe qui. Avec l’inspiration d’abord, qui commence à lui faire sérieusement défaut, avec son agent littéraire ensuite, l’encombrante Elsie, qui n’aime ni la littérature ni les écrivains, avec son ex-femme enfin, Géraldine, qui vient de disparaître mystérieusement. Lorsque le corps de celle-ci est retrouvé près de chez lui et que la police évoque la piste d’un tueur en série, l’infatigable Elsie pousse notre brave romancier à exploiter d’hypothétiques talents de détective pour résoudre cette étrange affaire qui, elle en est convaincue, saura lui rendre l’inspiration. Mais y a-t-il vraiment un tueur en série ? Et si oui, est-ce vraiment lui qui a tué Géraldine ? Maître de la manipulation, L.-C. Tyler entraîne le lecteur d’un rebondissement à l’autre, dans une construction diabolique, pleine de chausse-trappes et de trompe-l’œil, jusqu’à une conclusion complètement inattendue, tous les indices disséminés dans le livre apparaissant alors en pleine lumière. Sans jamais se départir de l’humour et du charme fou qui font toute la saveur des romans policiers anglais classiques, il joue avec tous les clichés du genre et nous offre ainsi un thriller au suspense implacable, terriblement jubilatoire.

POURQUOI L’ENFANT CUISAIT DANS LA POLENTA, d’Aglaja Veteranyi, Éditions d’en bas

Cadette d’une famille d’artistes de cirque qui a fui la dictature roumaine pour sillonner l’Europe, l’auteure retrace son enfance : le danger du numéro de cirque de sa mère pendant lequel, pour la rassurer, sa soeur lui raconte le conte de l’enfant que l’on fait cuire dans la polenta, la peur du père, de la solitude, de la folie… La promesse d’une vie meilleure se transforme en cauchemar.

L’HISTOIRE DU COMMUNISME RACONTÉE AUX MALADES MENTAUX, de Matéi Visniec, Lansman

Moscou, 1953. Quelques semaines avant la mort de Staline, le directeur de l’Hôpital central des Malades mentaux invite un écrivain à séjourner parmi les « malades » et lui demande de réécrire, au niveau d’entendement de débiles légers, moyens et profonds, l’histoire du communisme et de la Révolution d’Octobre. Il est persuadé que cette « thérapie » pourrait guérir certains de ses pensionnaires… Matéi Visniec nous plonge dans l’univers glauque de ces hôpitaux psychiatriques où se côtoient vrais malades et opposants internés par le régime. Il nous démontre une fois de plus que, quelles que soient les circonstances, l’homme ne peut vivre sans utopies… au risque de sombrer dans l’horreur lorsqu’il tente de les mettre en pratique.

Photos : DR

Lengadoc-info.com, 2019, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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