Recours à l’emprunt, dépenses en forte hausse, cartes grises : le 1er budget LRMP fait polémique

28/05/2016 – 09h00 Montpellier (Lengadoc Info) – Jeudi 26 mai, l’assemblée plénière des 158 élus de LRMP s’est tenue à Montpellier, avec à l’ordre du jour le vote du budget primitif. D’habitude prévu en début d’année, ce vote avait du être repoussé, comme le permet la loi Notre, de manière à donner le temps aux services de préparer la fusion des comptabilités des deux anciennes régions. Censée permettre des économies, cette fusion entraîne en réalité une très forte augmentation (+12%) des dépenses de la collectivité : séparées, les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon avaient dépensé 2.4 milliards d’euros en 2015. La majorité de Carole Delga en prévoit 2.8 milliards en 2016. Symbole de cette inflation régionale : la réunion des élus, au lieu de se tenir dans les hôtels de région, a nécessité la location du parc des expositions de Pérols, pour la somme conséquente de 85.000€.

Un budget jugé « pitoyable, consternant et dramatique » par le Front national

Cette longue séance (plus de 10h) a été ponctuée par l’opposition du groupe FN/RBM qui a notamment dénoncé la diminution du temps du débat et l’attitude de la Présidente de la Région Carole Delga : « vos méthodes sont antidémocratiques et césaristes » a martelé France Jamet, soutenue par ses 39 collègues frontistes. Frédéric Cabrolier (élu FN d’Albi) a déploré le manque de volonté des socialistes en matière d’économies. Égrenant les gaspillages et dépenses superflues (subventions politisées, CESER, distribution de LoRdi…), ce conseiller régional du Tarn, a condamné la hausse du coût de la carte grise (pour la partie ex-Midi-Pyrénées, 22 millions d’euros d’impôts supplémentaires) et le recours très important à l’emprunt. Les membres du FN redoutant une dérive de type fréchiste : financer un clientélisme et un marketing territorial excessifs par le surendettement.

Outre le budget (voté malgré l’hostilité de l’opposition), les « élus bleu marine » ont dénoncé les errements de la culture subventionnée et la création, très controversée, d’une « assemblée des territoires », nouvel organe se rajoutant à la très complexe administration territoriale. Qualifiée d’ « inutile et illégitime », cette « République des territoires » serait, selon le FN, le symptôme de l’idéologie « euro-régionaliste de Bruxelles ».

Une gauche de plus en plus divisée

Fait notable de cette session : la division croissante de la gauche. La majorité hétéroclite de Carole Delga a démontré à plusieurs reprises que les guerres intestines sont plus que jamais d’actualité. Ainsi, tous les amendements proposés par le groupe de M. Onesta (nommé « Nouveau monde en commun ») ont été systématiquement rejetés par les socialistes et les radicaux. Sur certains points, les différentes composantes d’extrême gauche se montrées incapables de se mettre d’accord, conduisant un amendement écologiste à ne recevoir que 4 voix… sur les 26 élus du groupe!

Le rapport n°4 notamment, portant sur le « rétablissement de l’autonomie fiscale des régions », et bien qu’émanant de la gauche, n’a pas recueilli la majorité des voix. Cette dernière, totalement divisée sur ce sujet, n’a pas fait le plein ; l’addition des voix frontistes, des Républicains et d’élus de gauche opposés à ce dossier a obtenu une majorité pour le rejeter. Le malaise de Carole Delga était alors palpable. Malgré la demande de suspension de séance en urgence par Christian Assaf, il n’a pas été possible pour la gauche de corriger cet échec.

Dominique Reynié absent, les Républicains fragilisés

Chacun a pu constater que le chef de file des Républicains n’était pas présent ce jeudi. Dominique Reynié semblait avoir anticipé son éviction du Conseil régional, survenue le lendemain. Le Conseil d’Etat vient en effet de prononcer son inéligibilité suite au recours… d’un élu des Républicains en la personne de Jean-Pierre Grand! Déjà pénalisé par son score très faible (21% malgré le soutien de l’UDI, du Modem et des chasseurs de CPNT), l’ « Union des élus de la droite et du centre » (UEDC) avait été réduite par le départ de deux dissidents. Ce groupe doit donc se trouver un nouveau président. Alors que la guerre des chefs gronde au sommet des Républicains (« Primaire » qui s’annonce acharnée), une nouvelle guerre interne, au sujet de la succession de Dominique Reynié, n’est pas à exclure en LRMP.

Photos : Lengadoc Info

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