« Mordred », une web-série médiéval-fantastique montpelliéraine

01/10/2014 – 08h00 Montpellier (Lengadoc-info.com) – « Mordred » c’est une web-série un peu « geek » qui est née il y a deux ans à Montpellier. Inspiré par les légendes arthuriennes, le projet mené par une équipe de jeunes étudiants de l’université Paul Valéry, a connu un certain succès dans le milieu de la web-série en recevant notamment les prix de la meilleure actrice et des meilleurs dialogues au festival francophone de la Websérie 2013. Alors que la bande-annonce de la saison 2 vient de sortir, Lengadoc Info a rencontré Tommy-Lee Baïk, réalisateur, scénariste et acteur.

Bonjour Tommy, est ce que vous pouvez résumer l’histoire de « Mordred » ?

« Mordred » est une web-série médiéval-fantastique qui traite des légendes arthuriennes et notamment, comme son nom l’indique, du personnage de Mordred que j’ai voulu développer car il n’y avait pas beaucoup de sources sur lui. La web-série raconte son enfance et son adolescence. On le voit évoluer, on le voit grandir, c’est un gamin qui vit avec son père adoptif qui est fermier. Il est un peu « cliché » comme gosse, c’est l’ado un peu rebelle qui rêve d’un destin fabuleux. Il s’avère qu’il en a vraiment un mais c’est pas du tout celui qu’il escomptait. Il va lui arriver pas mal de péripéties, faire beaucoup de rencontres, notamment avec un chevalier de la table ronde, il va partir en quête à la demande des Dieux. Il va devoir évoluer par rapport aux gens qui l’entourent et par rapport à tout ce qui lui arrive mais il n’a jamais vraiment le contrôle dessus.

Pouvez-vous vous présenter, votre parcours, ce qui vous a amené à réaliser « Mordred » ?

Je viens d’une petite ville qui s’appelle Cahors, j’ai fait une licence de théâtre et je suis venu à Montpellier pour faire une licence de cinéma à Paul Valéry parce que c’est vraiment ce qui me plaît et que les écoles sont vraiment trop chères. Je suis un grand fan de la série « Kaamelott » depuis très longtemps, j’avais re-regardé la série en début de ma première année de Licence et en même temps il y avait Alexandre Astier qui jouait son spectacle à Agde, j’y suis allé et ça m’a fait un truc de le voir. Je voulais faire un projet en hommage à « Kaamelott » et ça a prit une ampleur de fou notamment sur les réseaux sociaux où les gens m’ont encouragé à faire quelque chose mais pas « Kaamelott ». Du coup je me suis renseigné, j’ai fait pas mal de recherches et je me suis mis à écrire. J’ai lancé une page de financement participatif sur Ulule sans vraiment y croire. J’ai rencontré plein de jeunes à la fac et on a réussi à construire ça. Une idée un peu ambitieuse qui se concrétise.

On sent dans votre travail la volonté de rompre avec le genre médiéval « classique » avec par exemple l’utilisation d’un vocabulaire qui est très « jeune » où encore la façon d’aborder des thèmes originaux dans ce genre comme la crise de l’adolescence. Pourquoi une telle approche moderne des légendes arthuriennes ?

Tout simplement par ce que je suis moderne, je ne peux pas écrire sur quelque chose que je ne maîtrise pas et je pense maîtriser un peu ce qui est de ma génération. J’ai un regard sur ma vie, sur ce qui m’entoure. Il y avait déjà dans « Kaamelott » un aspect moderne dans le vocabulaire mais c’est vrai qu’au niveau des thèmes j’avais vraiment envie d’aborder des choses qu’on peut vivre tous les jours. Le gosse adoptif qui a envie de fuir sa vie de fermier, on retrouve ça aujourd’hui avec tous ces jeunes qui veulent partir de leur petit patelin. Je me suis vachement centré sur ce qui m’avait influencé moi dans ma vie, tout ce que j’avais pu observer, donc je me suis dit que dans l’écriture ce serait plus vrai. Si j’avais vraiment voulu faire quelque chose de plus historique avec l’utilisation d’un jargon plus spécifique, je pense que ça n’aurait pas particulièrement parlé aux gens.

Comment se passe le tournage d’une saison de « Mordred » ?

En fait, on construit une secte, on s’installe quelque part et on tourne. Mordred c’est deux mois de tournage non-stop avec une équipe de trente personnes voire une soixantaine quand il y a plein de figurants. On essaie de suivre un modèle « pro » mais bien sur, on n’y arrive pas parce qu’on n’a ni les moyens ni l’expérience. On a toujours beaucoup de chance parce qu’il y a des gens qui nous accueillent et nous logent. L’an dernier on était au Moulin de Saint Christol à Saint Sériès et cette année on était au hameau de Bécours. On vit tous ensemble, parfois c’est dur parce que c’est très intense. Je peux pas dire le nombre d’heures de travail par jour sinon je serai poursuivi en justice. On bosse entre 10 heures et 18 heures par jour avec deux jours de pause par semaine quand on peut. Et tout le monde est bénévole.

Et la saison 2 alors ?

La saison 1 présentait un peu les personnages, elle était assez longue, il fallait installer l’histoire et c’était également mes débuts en tant que réalisateur et scénariste, j’étais pas très sur. Sur la fin de la saison, j’ai voulu faire un basculement du burlesque vers quelque chose de plus sérieux, de plus grave. Mordred change complètement sa façon d’être. Dans la saison 2, il devient beaucoup plus sombre. Il veut se venger de l’ordre des Décroisés. Pour cela il s’entraîne et devient assez puissant alors qu’au début c’est plutôt une « tanche ». D’un autre côté il y a Rodron, le meilleur ami de Mordred, qui a été recueilli par des moines et qui veut retrouver son compagnon. Il y a aussi un nouveau personnage qui fait son apparition avec le général Thirel qui est un chef des Décroisés. La saison 2 est plus tournée vers l’action, le drame, mais on découvre aussi un peu plus le passé des personnages. C’est un peu plus complexe au niveau de l’écriture.

Vous avez déjà sorti la bande annonce de cette saison 2, à quand les premiers épisodes ?

Le projet c’est de sortir cette saison fin novembre avec un épisode par semaine. Il y aura six épisodes. Il nous reste encore une scène à tourner, là on est en pleine post-production. Cette année on veut vraiment se donner le temps de faire quelque chose de bien même si on doit retarder la sortie. J’aimerai que tout soit monté avant et avoir un produit qui soit fini. Mais ça a l’air plutôt bien parti. 

Vous pouvez retrouvez la saison 1 de « Mordred » sur Youtube

Photo : Mordred

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