Accueil » Economie » Blanchiment d’argent, darknet, transactions illégales : la face cachée du Bitcoin
cryptomonnaie

Blanchiment d’argent, darknet, transactions illégales : la face cachée du Bitcoin

08/12/2017 – 16h15 Montpellier (Lengadoc Info) – Bienvenue dans le monde anonyme et intraçable du Bitcoin. Malgré son aspect moderne et révolutionnaire, le Bitcoin nous livre toutefois une face quelque peu moins connue du grand public. Analysons cette monnaie taillée sur mesure pour la mafia et les trafiquants en tout genre.

Le bitcoin est ce que l’on appelle une “crypto-monnaie”, que l’on définit par « monnaie numérique ». Elle a l’avantage de l’anonymat, ce qui en fait la monnaie la plus utilisée sur le marché noir devant l’espèce. En effet, aucune banque centrale ne peut réguler cette monnaie de par son internationalisation, elle n’est liée à aucun état, ni régulée et totalement autonome. Tel l’euro, le bitcoin est basé sur la confiance, et n’est garanti par aucune valeur. Chaque utilisateur est libre de stocker son portefeuille à l’endroit qu’il souhaite puisqu’il n’existe aucun système centralisé. Ce qui revient à démontrer qu’aucune banque ni aucun état ne peut contrôler les flux financiers !

Le silkroad, route de la soie

Cette plateforme est le plus grand marché noir du net, accessible grâce au moteur de recherche “Tor” que l’on télécharge simplement depuis google. Appellé le système de “l’oignon”, cela permet de brouiller et d’effacer l’adresse IP de l’utilisateur lui rendant son caractère intracable afin de surfer librement sur des sites “.onion”. L’achat de drogues, d’êtres humains, d’armes, de tueurs à gages à l’aide de bitcoin devient accessible à tout intéressé avec le minimum de connaissances informatiques requis. Les achats sont garantis par un dépôt fiduciaire : l’argent est placé dans les mains d’un tiers qui ne le reversera au vendeur qu’en cas de réception de la marchandise (l’équivalent de Paypal dans les transactions légales).

Blanchir à l’aide du Bitcoin

Dans notre économie réelle, blanchir dans des institutions financières sans corrompre des agents, payer des frais et des impôts, passer par les dessous de table afin de régulariser et nettoyer de l’argent sale devient peu évident : tout cela a un coût. Le système du bitcoin quant à lui offre l’avantage d’être converti tout simplement d’euro en monnaie bitcoin sans frais, en toute discrétion. De plus, il sera utilisé sans donner sa véritable identité.

Venons en à ce que nous voulons savoir : comment font-ils ? Tout simplement, le malfaiteur envoie son argent liquide anonymement vers des sites spécialisés en bitcoin, puis peut les sauvegarder pour les revendre anonymement en transmettant son opération à plusieurs plateformes d’échanges pour convertir ses bitcoins en euros.

Trois phases sont nécessaires :

le placement : injecter de grandes quantités d’argent dans le système bitcoin

le lavage : décupler et divulguer cet argent dans de nombreux espaces pour ne pas être suspecté

le recyclage : reconvertir le bitcoin pour redevenir monnaie réelle tout en gardant l’anonymat.

Vous comprenez maintenant de mieux en mieux les réticences des états tels que la Chine, l’Inde et le monde de la finance face à ce phénomène.

L’exemple indien

Tout le monde connait la technique de la petite enveloppe avant d’entrer chez le notaire ? Et bien le bitcoin peut également faire l’affaire.

Suite au retrait brusque de l’argent liquide fin 2016 à l’initiative du gouvernement de Modi, les agents immobiliers incitent fortement les investisseurs à acheter de la pierre avec du bitcoin. Le quotidien DNA a révélé une enquête du jeudi 23 novembre 2017 sur le remplacement de l’espèce par le bitcoin dans le secteur de l’immobilier, secteur favori des blanchisseurs.

Au lieu de payer une partie de leur investissement dans la pierre en cash, les acquéreurs optent désormais pour les bitcoins, notamment les Indiens résidant à l’étranger qui, en quelques frappes sur leur clavier d’ordinateur, peuvent effectuer facilement des virements”, raconte à DNA un agent immobilier.

Finies les valises pleines de billets à porter ! Selon DNA, déja 70% des agents immobiliers effectuent des transactions en bitcoin en promettant aux investisseurs des retours sur investissement de l’ordre de 300% en quelques mois, alimentant la spéculation boursière sur le bitcoin puisque 2500 nouveaux adhérents au bitcoin sont comptabilisés chaque jour en inde.

Bertrand Leuenberger

Photos : DR

Lengadoc-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

Vous pouvez regarder également

privatisations

Les privatisations résonnent dans le cœur des Français comme une haute trahison de l’Etat

31/03/2018 – 19h40 Montpellier (Lengadoc Info) – Tribune libre – Privatiser une entreprise ou un …

6 Commentaires

  1. Félicitations pour ton article Bertrand 🙂

  2. Le mieux pour commencer c’est d’aller sur les plateformes qui en donnent en échange de laisser leur pub s’afficher, c’est 100% gratuit voici une liste http://q.gs/6973038/liste-faucets très pratique pour commencer à gagner un peu et voir comment ça marche

  3. Je trouve l’article légèrement cliché. Certes le bitcoin facilite les opérations illégales et attiré donc des malfaiteurs, mais l’argent liquide à exactement les mêmes propriétés, comme vous le rappelez en début d’article. Peut-on pour autant se passer de lui ? Doit-on laisser les banques ne nous laisser que l’argent qui transite par elles et sur lequel elle prennent leur commission ? Il y a un enjeu de liberté très important derrière l’argent liquide et le bitcoin, malgré les défauts de jeunesse du second. Peut-être va-t-il imploser par la spéculation, mais il sera corrigé et offrira alors un refuge indispensable au contrôle inquiétant des États ou à la domination abusive des banques.
    Les plus gros malfaiteurs financiers sont les banquiers et non pas les utilisateurs de bitcoin. C’est cela qu’il aurait fallu rappeler.
    Il ne faut pas non plus exagérer la criminalité liée à cette monnaie : recourir à un assassin n’est pas plus fréquent grâce au bitcoin. Il est absurde de croire que l’on peut engager un « tueur à gages » en deux clics. Ce n’est qu’un moyen de paiement, il ne facilite ni le recrutement ni l’exécution du plan.

    • bertrand leuenberger

      Bonsoir,
      Par expérience personnelle, j’ai téléchargé Tor en deux clics, et accédé au silkroad, c ‘est à portée de main de n’importe quel enfant connaisseur… Ce que vous voyez dessus est inimaginable, pédophilie, drogues et compagnie.. Ceci est réel il suffit de faire l’expérience. Engager un tueur est devenu mille fois plus simple…et discret.
      Certes les banques sont très pénibles dans leur contrôles, mais le blanchiment est rendu largement plus difficile que par le bitcoin. Cet article a pour but de souligner les dérives, même si d’un côté cette monnaie m’attire par ce côté liberté.
      Pour moi les banquiers ne sont pas des malfaiteurs. ils font leur job comme vous le feriez. Le plus gros malfaiteur ici est le politicien qui se laisse influencer ! c’est lui qui devrait prendre les rennes du pays et serrer les boulons là ou il faut, et faire un travail intègre et honnête.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.