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Crédit : Lengadoc Info

Enquête. Vague d’expulsions de squats d’extrême gauche à Montpellier

27/07/2018 – 15h20 Montpellier (Lengadoc Info) – Sale temps pour les squats à Montpellier après des décisions d’expulsion judiciaires en série ce mois-ci. Des décisions qui ne font malheureusement que repousser le problème sans apporter de réponse satisfaisante à la problématique de l’occupation illégale de bâtiments abandonnés.

Expulsions de la Providence, de la Vigie Pirate et de Luttopia 3

Le vendredi 20 juillet, le squat dit de  « La Providence  » a été évacué par un important dispositif de forces de l’ordre. Cette évacuation, qui s’est déroulée dans le calme, faisait suite à une décision de justice prenant effet le 9 juillet. Ce squat accueillant une centaine de personnes avait été ouvert début octobre 2017 dans les locaux de l’ancienne maison de retraite située rue de la Providence à proximité de la fac de Droit. Parmi les occupants du squat, figuraient des enfants, des clandestins, des étudiants… Récemment, le 19 juin, un incendie de matelas avait troublé la quiétude des occupants. Une violente descente de la part d’un autre squat avait également eu lieu le 13 avril.

Après des années d’attente et suite à des manœuvres dilatoires de la part de la défense, c’est le squat de Luttopia 3, navire amiral du genre à Montpellier, qui s’est vu notifier la décision d’expulsion sous 2 mois le 12 juillet. Une décision accueillie avec satisfaction par la Société d’Aménagement de Montpellier Méditerranée Métropole. Jointe par téléphone au lendemain du procès, Maître Datavera espérait un résultat favorable qui serait en mesure de débloquer une situation impliquant de nombreux acteurs. Elle ajoutait également que cette occupation « est un système de choix de vie, il n’y a aucune démarche, aucune pièce visant à l’obtention d’un logement social au mécanisme de la loi DALO, de mettre en place des choses pour que la situation évolue ». Précisant ensuite « Il y a 88 pièces versées au débat et il n’y en a aucune qui va dans ce sens. »

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Crédit : Lengadoc Info

Après un procès qui s’est déroulé le 27 juin, la décision d’expulsion du squat « La Vigie Pirate  » situé 36 rue Frédéric Bazille a été prise ce 25 juillet, avec obligation de quitter les lieux sous huit jours suivant la date de signification de la décision. Les squatteurs ont été jugés par le tribunal comme étant des « occupants sans droit ni titre ». Un coup dur pour l’extrême gauche montpelliéraine qui avait fait de la Vigie Pirate, ouvert début mai, le nouveau Royal. Plusieurs concerts avaient déjà été organisés à l’intérieur.

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Le squat la Vigie Pirate

Ces squats rejoindront donc la longue liste des bâtiments occupés par le passé à Montpellier et ses environs tels que le Kalaj, la Crêve, la Cimentery…

Les squats : un problème sans solution

L’expulsion résout-elle pour autant le problème? Ninon, une des occupantes du squat de la Providence, résume parfaitement cette situation « Tant que les personnes concernées [les pouvoirs publics NDLR] ne prennent pas de décision, on n’aura pas de choix que d’ouvrir d’autres lieux. Et ça se fera, dans tous les cas. »

Le problème avec les squats c’est qu’aucune solution globale concernant le « mal logement  » n’est possible. Pour certains squatters, vivre en squat et ouvrir des squats est autant un mode de vie qu’un combat politique. L’exemple du squat du cinéma Le Royal en plein centre ville de Montpellier en est le plus parfait exemple. Ouvert le 30 mars 2016 et expulsé finalement le 11 mai de l’année suivante, il était décrit comme « lieu d’habitation et d’activités politiques emblématique de la culture alternative montpelliéraine ». Parmi les divers incidents ayant émaillé cette occupation, on déplorera notamment un viol qui a eu lieu lors d’une soirée culturelle.

L’augmentation du nombre de clandestins ainsi que la paupérisation générale des classes moyennes est une aubaine pour ces squatters politiques qui peuvent se prévaloir d’une réponse humanitaire à leur occupation. Argument systématiquement mis en avant par les défenseurs des squats lors des audiences.

Si le squat des anciennes archives départementales du 40 rue Proudhon, Luttopia 3, porte ce numéro c’est que Luttopia est sensé être un concept porté par les militants anarchistes locaux. Avant « Luttopia 3  » il existait « Luttopia 1  » 105 avenue de Lodève expulsé le 23 octobre 2014 puis « Luttopia 2  » 85 avenue d’Assas expulsé le 9 octobre 2015. Une utopie qui n’est pas prête de s’arrêter puisqu’elle sert de base arrière pour les militants politiques d’extrême gauche et qu’elle possède des soutiens de poids parmi le réseau associatif local avec notamment la Ligue des Droits de l’Homme de Maître Sophie Mazas, la Cimade, Médecins du Monde…

Etat des lieux des squats à Montpellier

Les gestionnaires des squats de Montpellier ont largement eu le temps d’anticiper ces expulsions et des solutions de repli ont déjà été trouvées. Les squatters délogés vont pouvoir se rabattre sur les squats déjà existants ou ceux qui ont ouvert récemment. Voici 5 des principaux squats à l’heure actuelle parmi tous les squats montpelliérains. Ces derniers peuvent avoir une durée de vie éphémère comme le squat de la Soucoupe (musée d’Agropolis) ou la Vigie Pirate qui n’ont tenu que quelques mois. Gageons qu’avec la rentrée universitaire et le retour des étudiants ajouté à l’impunité dont bénéficie l’extrême gauche, d’autres squats vont bientôt ouvrir sur Montpellier.

Le RAID situé impasse Galilée (quartier Mairie)

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Le Court-Circuit situé 48 boulevard de Strasbourg (entre la gare et le commissariat)

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Le squat du Pôle Emploi situé 20 rue Robert Koch (Malbosc)

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Le squat de l’avenue du Major Flandre situé 329 avenue du Major Flandre (quartier fac de lettres)

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Le Château Leyris situé 11 boulevard Vieussens (quartier Gare)

Photos : Lengadoc Info

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One comment

  1. il faudrait déjà supprimer le squatteur de l’Elysées pour rendre plus propre TOUTE NOTRE FRANCE ETERNELLE,
    une fois celà fait nous aurons un vaste travail de propreté dans le pays entier, le poisson sent mauvais par la tête et la tête de l’Etat qui est-ce ?

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